Sanofi/aventis : Le mari n’est pas assez beau

Réservé aux abonnés
Publié le 31 janvier 2004
Mettre en favori

La naissance d’un champion français de la pharmacie, appelé de ses voeux par Francis Mer lui-même, passera-t-elle par un mariage forcé ? C’est en tout cas la tournure prise par les événements depuis l’annonce inamicale d’offre publique d’achat d’Aventis par Sanofi-Synthélabo. Le treizième laboratoire mondial propose 47,8 milliards d’euros pour prendre le contrôle du numéro 7 mondial. La fusion propulserait la nouvelle entité à la première place européenne et à la troisième place mondiale. Seulement voilà, du côté d’Aventis, on reste de glace. « Ils ont peut-être besoin de nous, mais nous n’avons pas besoin d’eux », assure Igor Landau, président du directoire d’Aventis, qui brandit également les risques sociaux d’un tel mariage (10 à 12 000 emplois supprimés selon lui).

L’analyse est sensiblement différente du côté de Jean-François Dehecq, P-DG de Sanofi-Synthélabo, qui juge qu’Aventis est une société fragilisée : « Tous les vautours sont là, beaucoup de gens ont besoin d’avaler pour grandir. Il ne faut pas laisser les choses exposées trop longtemps. » Parallèlement, Sanofi-Synthélabo a lancé une campagne dans la presse (« Pour raison de santé ») tentant d’injecter de l’émotion (ne laissons pas tomber les malades…) dans une opération qui reste avant tout financière. Les actionnaires d’Aventis y seront-ils sensibles ? Une nouvelle offre, valorisant au mieux leur participation, aurait un tout autre écho.

Au moment où nous bouclions, Igor Landau recommandait au conseil de surveillance d’Aventis de rejeter cette offre.

Publicité