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Même veut adoucir les effets des chimiothérapies
Cette marque a créé des produits pour limiter les effets indésirables des traitements anticancéreux. Elle vient d’être lancée par un duo de deux jeunes femmes à la tête bien pleine, touchées personnellement par la maladie.
La genèse de Même naît d’un drame. Celui de Judith Levy, qui perd sa mère à 19 ans d’un cancer du sein. Adolescente, elle est témoin de ses efforts pour « se maquiller et prendre soin d’elle, comme une manière de combattre la maladie ». Mais aussi des effets indésirables, première cause de l’arrêt des traitements, comme la sécheresse extrême des mains et des pieds, les ongles noircis, la sensation de brûlure sur la peau… « Quand j’allais à la pharmacie pour ma mère, aucun produit dermatologique n’était vraiment adapté à ces problèmes », explique la jeune femme de 25 ans.
Une rencontre décisive
Après le décès de sa mère, l’idée d’une gamme qui réponde spécifiquement aux effets indésirables des traitements reste dans un coin de la tête de la jeune femme, qui fait des études de design. Lors de son stage chez L’Oréal Luxe, elle rencontre Juliette Couturier, jeune stagiaire elle aussi, diplômée de Sciences Po et de HEC. « J’ai été touchée quand Judith m’a raconté la genèse de Même. Il m’a paru évident qu’il fallait concrétiser ce projet », explique-t-elle. Le hic : le duo d’entrepreneuses n’a pas les financements nécessaires pour démarrer. « De fil en aiguille, nous avons rencontré Laurent Dodet, le dirigeant de Sudcosmetics, qui dirige une usine de cosmétiques. Il a fait travailler ses équipes de R&D sur notre projet en nous accordant un délai de paiement d’un an », se souvient Judith Levy. Une aubaine.
C’est le début de deux années de recherche pour mettre au point les formulations. A chaque étape du processus, elles organisent des ateliers avec des femmes sous traitement.
Une étude clinique a été réalisée en partenariat avec le centre de lutte contre le cancer Léon Bérard à Lyon.
En janvier 2017, la marque Même prend la forme d’une gamme de sept produits. Leur dénominateur commun ? Des ingrédients d’origine naturelle et des produits destinés aux femmes sous traitement. On y trouve par exemple des chaussons de soin dans lesquels figure un sérum pour traiter le dessèchement de la plante des pieds avec de l’Aloé vera et du beurre de mangue, une brume aux extraits de calendula et de l’huile de camelia pour le cuir chevelu fragilisé par le port de prothèses capillaires, une crème et une huile lavante pour le corps, un soin pour les ongles à l’huile de ricin et au silicium. Tous sont mis en avant avec un slogan à message, comme « Même moi je garde la tête haute ».
Du porte-à-porte dans les officines
« Dans un monde idéal, une femme qui sort de l’hôpital devra être conseillée sur ces produits pour limiter au plus tôt les effets indésirables », affirment les deux entrepreneuses.
Pour les convaincre, Judith Levy et Juliette Couturier ont fait du porte-à-porte dans les officines. Pour mobiliser les pharmacies, elles ont eu une idée ingénieuse : « Sur notre page Facebook suivie par plus de 4 000 femmes, nous avons demandé aux patientes de nous recommander leur pharmacie ». Une première liste de 70 officines arrive par ce biais, que les dirigeantes de Même vont approcher. Le duo compte donc beaucoup sur le bouche à oreille, notamment grâce à leur blog d’échanges et de conseils pour les patientes, déjà consulté par 35 000 visiteurs uniques. Même si l’objectif reste modeste pour le moment : une centaine de pharmacies d’ici la fin de l’année. §
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