Les officines victimes de la crise

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Publié le 7 mars 2009
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Les jeux ne sont pas faits mais rien ne va plus. A Montpellier, une officine du centre-ville n’a pas trouvé de repreneur faute de rentabilité et a fermé en juin 2008. Deux autres officines sont en redressement judiciaire. L’une des plus grosses enseignes de la ville envisagerait de licencier deux salariés, 27 autres ont perdu leur emploi au dernier trimestre dans le département.

« La situation économique est devenue périlleuse », constate Philippe Pistre. Ce pharmacien de Juvignac, cofondateur du blog Pharmaciens en colère, revend aujourd’hui l’officine qu’il a achetée en 2005. « Il y a quatre ans, la marge était à 28,5 % et la progression à 3 %. J’avais basé mon prévisionnel là-dessus et ce n’était déjà pas extraordinaire. Or ma marge plafonne aujourd’hui en moyenne à 26,5 % et mon CA n’a pas augmenté. » Le titulaire pointe du doigt les marges arrière et les marges avant des génériques, les baisses de prix, la chute des prescriptions et de la consommation.

« Nous devenons leur seconde banque »

« Nous avons des trésoreries difficiles dans une région où les prix pratiqués sont bas et où la concurrence de la para est rude », appuie Jean-Michel Ferrando, pharmacien à Sète. Hugues Kasbach, directeur de la CERP de Montpellier, rappelle qu’« entre 2000 et 2006 les progressions étaient de 8 à 10 %. Après, il y a eu un net ralentissement et, en 2008, la progression des CA s’est située entre 0 et 2 % ».

Les recours de pharmaciens auprès de leur grossiste-répartiteur sont de plus en plus nombreux. « Nous devenons leur seconde banque et essayons de trouver des formules, mais le recouvrement est devenu une part intense de notre métier », indique Hugues Kasbach. Et beaucoup d’officinaux s’inquiètent des nouvelles mesures de la loi de modernisation de l’économie qui risquent de fragiliser encore plus une comptabilité déjà tendue.

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