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Ledirect-to-pharmacys’impose
-Roche et Novo Nordisk ont décidé de confier la distribution de leurs produits pour le Royaume-Uni à un nombre restreint d’acteurs.
-10 laboratoires à ce jour ont adopté outre-Manche le direct-to-pharmacy, qui commence à apparaître en Pologne.
-Les pharmaciens craignent à terme un impact sur les prix à l’achat et sur la qualité des services des distributeurs.
Depuis le 15 janvier, le laboratoire Roche a confié à AAH, la filiale de Celesio, et à Unichem (Alliance Boots) la distribution unique de ses médicaments de prescription dans les pharmacies, tout en se réservant la vente directe de certains de ses produits. Depuis début mars, c’est au tour de Novo Nordisk d’adopter ce schéma en s’adressant à deux acteurs seulement, Unichem et Phoenix.
Pour Eli Lilly, ce sera cet été. Au total, dix groupes pharmaceutiques, et non des moindres, ont adopté au Royaume-Uni le « direct-to-pharmacy ». Ce modèle consiste à ne confier qu’à un nombre limité de distributeurs l’approvisionnement des pharmacies. Dans ce cas, le distributeur n’achète pas les médicaments mais met à disposition ses services logistiques (entrepôts et transporteurs) pour acheminer les produits aux destinataires finaux.
Sécuriser la chaîne du médicament
GlaxoSmithKline a été le premier, il y a une dizaine d’années, à expérimenter ce nouveau schéma de distribution mais le mouvement s’est réellement enclenché avec Pfizer au printemps 2007. Pour le numéro un mondial, passer un contrat avec un seul et unique intervenant, en l’occurrence Unichem, visait à sécuriser la chaîne logistique et à lutter ainsi contre la diffusion de médicaments contrefaits. L’actualité de l’année 2007 avait été particulièrement brûlante avec la découverte successive, outre-Manche, de trois lots de faux médicaments dans la supply chain. Mais est-ce l’unique raison ? Comme le soulignent les spécialistes du secteur, les fabricants cherchent à obtenir un plus grand contrôle sur leur distribution pour réguler l’approvisionnement et en réduire les coûts. Mais aussi à lutter contre le commerce parallèle.
Quid de la qualité de service ?
Certains pharmaciens se sont émus que le niveau de service qui leur était offert puisse être moins élevé, les distributeurs n’étant ainsi plus en concurrence les uns avec les autres. Une inquiétude qui a poussé l’Office of Fair Trading (autorité britannique de la concurrence et de la consommation) à mener une enquête. Remise en décembre 2007 au gouvernement, elle précisait que les services aux pharmacies et aux patients pouvaient être affectés par le changement. En cause, le risque d’augmentation du temps d’attente pour l’obtention de médicaments. Le gouvernement britannique y a répondu, en mai 2008, en estimant que le standard de service n’avait pas changé et que rien ne prouvait que ce pourrait être le cas dans le futur, mais qu’il conserverait un oeil attentif sur le sujet. Pour limiter les inquiétudes, côté patients notamment, les laboratoires ont mis en place des services spécifiques. Novartis propose de livrer directement les pharmacies si elles rencontrent des difficultés avec les distributeurs et a mis en place, dans cet objectif, une ligne téléphonique « Novartis Customer Care » assurant le service dans les 48 heures.
Le futur du DTP
Le direct-to-pharmacy commence à essaimer hors du Royaume-Uni : AstraZeneca compte le mettre en place cette année en Pologne. Selon Pam Narang, analyste spécialiste du secteur pharmaceutique au sein du cabinet d’études Datamonitor, qui s’exprimait en mai 2008, « son développement en Europe dépendra en grande partie des décisions de la Commission européenne concernant le commerce parallèle et les tactiques utilisées par les fabricants pour s’y opposer ». Intervenant en mars dernier lors des 19e Rencontres du Club interpharmaceutique, Jean-Luc Delmas, de l’ordre des pharmaciens, constatait de son côté qu’« il n’existait pas d’obstacle réglementaire à la mise en place du DTP en France. Le grossiste-répartiteur aurait alors de fait un statut de dépositaire car il ne serait plus propriétaire de son stock ».
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