En rachetant Ratiopharm, Teva veut devenir leader du générique européen

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Publié le 27 mars 2010
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Après plusieurs mois de tractations, le verdict est tombé. C’est finalement l’Israélien Teva qui a remporté Ratiopharm. Le leader mondial du générique s’est engagé à préserver le siège et le site de production de Ratiopharm à Ulm, en Allemagne. Un pays clé en raison de son marché du générique, le deuxième au monde avec 5 milliards d’euros. Il pourrait être aussi le tremplin de l’essor de Téva en Europe, où le laboratoire veut tripler ses ventes à 9,2 milliards de dollars, d’ici à 2015.

Selon les analystes allemands, le premier gage de cet engagement pourrait être le transfert prochain du siège européen d’Utrecht aux Pays-Bas à Ulm, où Teva se promet de réaliser des synergies de l’ordre de 300 millions d’euros dans les trois ans. Toujours selon les estimations, le montant de la transaction, 3,62 milliards d’euros – supérieur au prix fixé initialement à 3 milliards – permettrait de sauver d’autres sociétés de l’empire Merckle, dont le grossiste-répartiteur Phoenix.

Un marché convoité

Pour autant, l’entrée de Teva sur le marché allemand, où il ne détenait jusqu’à présent que 5 % de parts de marché, ne devrait pas bouleverser les pratiques des contrats de rabais accordés par les labos génériqueurs aux caisses d’assurance-maladie par appels d’offres. « Nous pratiquons nos contrats de rabais à l’échelle régionale afin de ne pas provoquer de monopoles et de donner leurs chances aux petits laboratoires qui peuvent eux aussi faire du volume et économiser sur les circuits commerciaux », expose Udo Barske, porte-parole de la fédération des caisses d’assurance-maladie du régime général.

En revanche, le marché du générique allemand pourrait connaître de nouveaux soubresauts dans les prochains mois. Stada craint en effet d’être victime d’une OPA par l’Américain Pfizer ou l’Islandais Actavis, évincés de la course à la reprise de Ratiopharm. Le génériqueur Stada, (8 300 salariés, CA de 1,6 milliard d’euros) représente en effet la dernière chance pour les deux candidats malchanceux d’entrer sur le marché allemand.

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