Mon but n’a jamais été de vendre, mais de partager
Au quotidien, via son site lebootcamp et ses livres, elle défend le droit à une alimentation saine, à l’information nutritionnelle non “achetée”, au sport facile et à la santé à portée de tous. Une démarche de coaching que peut également entreprendre le pharmacien…
→ Ancienne ronde, Valérie Orsoni a créé en 2002, LeBootCamp, le premier site de coaching minceur et bien-être. Fille d’un chef cuisiner et originaire de Corse, elle vit en Californie où elle coache de nombreuses célébrités. Son site réunit plus de 1,5 million de femmes, à travers le monde. Auteur de 27 livres, traduits en cinq langues, dont un bestseller, LeBootCamp, Valérie Orsoni est depuis cette année ambassadrice Bien-être SNCF. Récompensée par de nombreux prix, elle figure parmi « les 150 personnalités représentant la Relève 2017 », éditée par le quotidien Les échos.
Pharmacien Manager ». Parlez-nous de la méthode LeBootCamp ?
Valérie Orsoni. Après mon combat contre les kilos en trop, mon entourage me demandait des conseils et, de fil en aiguille, j’ai constitué une équipe de professionnels de santé, autour du bien-être et du fitness. Les grands principes sont fondés sur le respect des femmes : On ne compte pas de points, ni de calories ou de grammes… On perd les kilos superflus sans les reprendre, mais chacun va à son rythme. Le programme est constitué autour de quatre grands piliers : nutrition gourmande, fitness facile, motivation, gestion du stress et du sommeil. Le tout est accompagné par un esprit de communauté et de plaisir.
P.M. Comment expliquez-vous son succès ?
V.O. Je travaille avec passion et non pas la tête dans les chiffres. L’idée de mon programme m’est venue quand je me battais contre une tumeur au cerveau. Mon but n’a jamais été de vendre, mais de partager. Le fait qu’il n’y ait pas d’investisseurs derrière moi, mais une équipe bien formée et passionnée par la santé et le bien-être le prouve. Et je suis une faiseuse de tendances gastronomiques. C’est moi qui ai lancé la mode de la stevia, les baies de goji, ou encore du sarrasin. Aujourd’hui, mon programme réunit plus de 1,5 million de femmes à travers la planète. Elles perdent, en moyenne, 15 kg avec des écarts importants : Certaines n’ont que 5 kg à perdre (15 %) et d’autres plus de 75 kg (16 %). 12 % des membres ne viennent pas pour mincir, mais pour se tonifier et avoir la pêche.
P.M. La proximité que vous affichez avec votre communauté est-elle un avantage ?
V.O. Oui. J’ai ce besoin viscéral d’être proche de ma communauté. Je fais des “instalive” presque quotidiennement, afin de partager mes expériences et, surtout, de répondre aux questions. Chaque semaine, je propose un “FB Live” sur le format d’une émission thématique : “Comment avoir la pêche en hiver ?”, “Exterminer la cellulite”, “Réduire sa consommation de sucre”. Le sujet est présenté pendant 45 minutes et chaque vidéo représente, en moyenne, entre 50 000 et 100 000 vues.
P.M. Quid du service ?
V.O. Mon équipe est “customer-centric”, ce qui siginifie que la satisfaction de nos membres prime sur le CA. Nous créons en permanence de nouveaux services, de nouvelles options ou fonctionnalités, afin de coller au plus près aux besoins des femmes. Nous misons, également, sur des diététiciennes diplômées d’État et reformées par la suite à nos approches par la Harvard School of Public Health, pour répondre à notre communauté.
P.M. Pouvez-nous nous décrire les « BootRencontres » ?
V.O. Ce sont des moments où les bootcampeuses se retrouvent pour une heure de rando, un resto, une journée de sport ou de papotage. L’idée est de créer cette notion de groupe en réel. Deux fois par an, j’organise une BootRencontre où je suis présente et où je passe la journée avec une centaine de BootCampeuses.
P.M. Quel est le rôle d’Internet et des réseaux sociaux dans votre rapport avec votre clientèle ?
V.O. Le coaching, c’est l’action d’accompagner et de faire progresser. Le coaching 100 % sportif implique, bien évidemment, une présence physique. Mais pas le coaching sur le bien-être, la nutrition, la motivation… Grâce aux réseaux sociaux et au Web, le contact reste direct. Mais attention, il ne faut pas confondre “coaching” et “consulting”.
Le premier est un réel accompagnement avec des techniques qui ont fait leurs preuves. Le deuxième est une collection d’informations partagées via des blogs, des livres, des émissions TV ou autres.
P.M. Y a-t-il des différences de coaching entre la France et les états-Unis ?
V.O. En France, on prend un peu plus de gants. Aux États-Unis, le rapport est bien plus direct et c’est surtout le royaume du #NoExcuse, que je m’applique à moimême car j’aurais toutes les excuses du monde pour ne pas bouger.
P.M. Pensez-vous que l’état de santé des Français se dégrade ?
V.O. De nombreuses maladies pourraient être évitées par un style de vie plus sain comme le diabète de type II chez les enfants et adultes, les ratios cholestérol non équilibrés, l’obésité… Les Français sont de plus en plus sédentaires et ont oublié que marcher ne coûte rien et qu’ils peuvent pratiquer cette activité n’importe où et n’importe quand.
P.M. À votre avis, quel est le rôle des professionnels de la santé sur l’apprentissage du bien et mieux manger ?
V.O. Actuellement, un médecin généraliste ne dispose que de quelques heures d’études sur la nutrition et ces dernières sont, en grande partie, sponsorisées par les grands industriels de l’agro-alimentaire. Seuls ceux qui vont au-delà de la base sont à même d’aider leurs patients à mieux manger. Je conseille vivement de suivre les travaux du Pr. Willett (Harvard), qui est, à mon avis, le professionnel de santé le plus pointu. Il refuse, surtout, les financements privés pour toutes ses études nutritionnelles.
P.M. Et comment le pharmacien peut-il accompagner les patients dans une démarche de bien-être ?
V.O. Le pharmacien a accès à une source de savoir illimitée. Il est à l’écoute de ses clients, qui lui font confiance sur ses choix. Il existe de très bons produits qui peuvent accompagner les patients dans une démarche de bien-être. En complément, le pharmacien peut, aussi, suggérer un programme sain comme… LeBootCamp, par exemple.
P.M. Travaillez-vous en partenariat avec des professionnels de santé ?
V.O. Oui. J’ai un comité scientifique d’excellent niveau avec notamment le Pr. Katz de Yale. Il est très important pour moi de ne pas être associé à un gourou du régime, mais plutôt à l’image d’un coach informé et fédérateur de grands talents dans le milieu du bien vivre, de la santé et du sport.
P.M. En quoi consiste votre rôle d’ambassadrice bien-être de la SNCF ?
V.O. Depuis mai 2017, les passagers peuvent retrouver une dizaine de vidéos bien-être gratuites à bord de tous les TGV. Pour y avoir accès, il leur suffit de se connecter au wifi gratuit et de choisir mes vidéos sur le portail de connexion.
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