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Une activité d’appoint en Allemagne
Le livre a fait son entrée dans les officines allemandes en 1994. Depuis, ni le montant des exemplaires vendus, ni le nombre de pharmacies s’intéressant à ce marché ne sont parvenus à donner ses lettres de noblesse à ce secteur marginal.
Seules 6 000 des 22 000 officines allemandes distribuent des ouvrages traitant exclusivement de médicaments. Comme le précise le règlement d’entreprise, les sujets doivent être en rapport direct avec des produits vendus en pharmacie. Il n’est donc pas possible de traiter d’une pathologie, si ce n’est en évoquant le traitement. Aucun ouvrage, donc, de yoga, de gymnastique ou autre méthode zen dans les rayonnages ou les vitrines des pharmacies allemandes.
Pour l’officinal comme pour les deux éditeurs principaux qui règnent sur ce marché, le livre demeure une activité annexe. Govi, filiale de l’ABDA (l’ordre et la fédération professionnelle des pharmaciens), partage avec Wort und Bild Verlag* le gros de ce marché. Le premier arrive en tête avec 37 titres et 300 000 exemplaires vendus par an (deux collections, l’une à 4 euros, l’autre à 8,80 euros). Le second, installé à Munich, propose quant à lui une trentaine de titres à 12 euros environ dont il vend, bon an mal an, 150 à 200 000 exemplaires. Bien que concurrents, ils ont cependant deux points communs. Le livre est un satellite de leurs activités initiales et leur mode de distribution repose essentiellement sur les répartiteurs ou la vente directe en pharmacie.
Tous deux sont avant tout des éditeurs de magazines spécialisés offerts par l’officinal à sa clientèle (coût pour le pharmacien : 25 à 40 cents pièce) : Medizini Kids est ainsi tiré chaque mois à 12 millions d’exemplaires par Wort und Bild Verlag, également éditeur de Baby Magazin (5,7 millions d’exemplaires).
Tous deux s’accordent aussi à dire que l’activité du livre ne saurait, isolée, être viable. Le livre bénéficie du mode de distribution de ces journaux, une synergie que les éditions sont forcées d’utiliser, n’étant pas présentes en librairie.
Toutefois, comme l’exige la loi allemande, les ouvrages doivent être disponibles sur commande. « Nous distribuons 65 % de nos livres en pharmacie, le reste est vendu par correspondance », précise Markus Allenstein, directeur des ventes chez Wort und Bild Verlag. Il convient, comme Jutta Petersen-Lehmann, rédactrice en chef chez Govi, que, en stagnation depuis sa création, « le secteur du livre n’est pas appelé à se développer davantage ». Ces difficultés sont inhérentes à son mode de distribution. De par sa nature, il ne peut être qu’un objet de vente complémentaire, requérant le plus souvent une démarche active de la part du pharmacien. La marge qui lui est offerte, 35 % à 40 % comme pour les médicaments, ne suffit pourtant pas à le convaincre. « Il faudrait pratiquement former un préparateur à cette tâche et disposer de tous les titres en rayon », explique Jutta Petersen-Lehmann. Et son collègue de Wort und Bild Verlag, qui propose un présentoir à disposer sur le comptoir, ne peut qu’acquiescer : « Le livre reste extrêmement lié à une vente conseil. »
Mais pour Markus Allenstein, le faible rayonnement du livre en pharmacie est principalement dû au fait qu’il reste étranger à l’officine. « Qui pense acheter un livre en pharmacie ? Le réflexe n’existe pas. Ce produit n’est pas connu de la clientèle et seules les pharmacies pratiquant la vente conseil réussissent dans cette activité. Il faut qu’en présence d’une pathologie, le pharmacien pense à recommander un ouvrage à son client. »
* Wort und Bild Verlag est également présent en République tchèque (magazines) et dans les pays de langue allemande, Luxembourg, Suisse et Autriche (livres).
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