L’ouverture du capital vue de l’extérieur

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Publié le 19 janvier 2008
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Pour Olivier Delétoille, c’est inéluctable. « La pression de l’Europe est forte, l’ouverture du capital est dans les tuyaux. Les difficultés sont de savoir quand elle interviendra, dans quelle proportion et en combien de temps le système de distribution aura mené sa réorganisation. » Ainsi s’exprimait l’expert-comptable dans le cadre de la conférence « Ouverture du capital, opportunité ou menace ? » organisée par l’IAE de Lille. Et de conseiller aux étudiants présents – lesquels se disaient pour la plupart non opposés à l’ouverture -, de « ne pas avoir de complexes vis-à-vis des grosses structures », à l’instar de ce qu’a vécu le secteur de l’optique où chaînes, franchises et indépendants cohabitent.

Laisser les pharmaciens maîtres d’eux-mêmes

Toujours dans le cadre de la conférence, Pascal Louis, président du Collectif national des groupements, s’est dit favorable à l’ouverture du capital des groupements, associée à une contribution à l’installation des jeunes. Le président du conseil régional du Nord, Jean Arnoult, a rappelé, lui, que l’Ordre réfléchissait à faciliter l’ouverture du capital à ceux qui travaillent ou ont travaillé à l’officine. « Le titulaire doit être le seul à décider de la politique de l’officine », a-t-il cependant tenu à préciser. Patrice Devillers, président de l’USPO, a été plus clair encore : « Il n’est pas question de laisser s’installer une chaîne de pharmacies en France », assène-t-il, s’interrogeant sur les conflits d’intérêt qui en découleraient, la responsabilité du pharmacien ou le maillage territorial.

Diplômé en pharmacie et expert financier à la banque Lazard, Benoît Bouche regrette que l’environnement juridique ait été « un frein à l’innovation et à la modernisation des officines. Les pharmaciens ont une carte fantastique à jouer dans le redéploiement de leurs activités, mais cela ne peut se faire dans un cadre individuel. S’arc-bouter n’y changera rien, explique-t-il, l’Union européenne est plus forte que chaque Etat membre. La solution, c’est la libéralisation forcée à deux ou trois ans ou une approche négociée plus rapide avec, dès 2008, des adaptations inscrites dans le cadre administratif. »

Faut-il diaboliser les apports financiers extérieurs ? Chacun a convenu que l’important, c’est de laisser la « gouvernance » aux pharmaciens eux-mêmes.

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