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Les fermetures d’officines se multiplient
Selon une enquête de l’Union des pharmaciens de la région parisienne réalisée auprès des DDASS, 85 pharmacies ont dû mettre la clef sous la porte en deux ans. Face à un phénomène qui s’amplifie, l’UPRP va proposer deux amendements au prochain PLFSS.
L’Union des pharmaciens de la région parisienne a recensé 85 fermetures d’officines sur 24 mois en Ile-de-France, dont la moitié sont des départs en retraite (licence rendue sans repreneur). L’autre moitié fait suite à des dépôts de bilan ou des difficultés économiques : « Ce chiffre est très supérieur à ce que nous supposions, commente Patrick Zeitoun, président de l’UPRP. Sans compter que d’autres ont fermé sans rendre leur licence. On peut en fait estimer au double de ce chiffre le nombre de pharmacies fermées dans la région sur la même période. »
La Seine-Saint-Denis est le département le plus touché (27 fermetures) devant Paris (19), le Val-de-Marne (13), les Yvelines et l’Essonne (6 chacune), les Hauts-de-Seine et le Val-d’Oise (5), et enfin la Seine-et-Marne (4).
« Ce qui nous a mis la puce à l’oreille, ce sont les coups de fil des délégués chargés de gérer la permanence des soins qui, au fil de l’année, nous indiquaient des anomalies répétées dans le tableau de gardes. D’où notre enquête dans les DDASS, explique Patrick Zeitoun. Toutes les communes du 93 sont touchées, il y a peu de repreneurs pour des quartiers dont il faudrait pourtant absolument desservir la population. J’ai commencé à contacter les élus en leur donnant la liste nominative des pharmacies fermées. » Cette liste a notamment été présentée à la commission parlementaire chargée des professions réglementées qui auditionne actuellement les représentants de la profession. « Les membres de la commission ont été extrêmement surpris. Ils ne pouvaient même pas imaginer qu’une pharmacie pouvait fermer. »
Amortir les rachats avant fermeture !
Les membres de la majorité, dont certains souhaitent déréguler la pharmacie, et d’autres au moins réduire de plusieurs milliers le nombre d’officines, ont en tout cas ici la preuve que la politique du laisser-faire conduit bel et bien à des fermetures, mais absolument pas là où cela peut se justifier. C’est pourquoi l’UPRP a fait passer deux propositions d’amendement au Sénat en vue de l’examen du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Le premier proposerait une incitation fiscale en cas de regroupement : que les travaux alors engagés soient amortissables sur une période de 5 ans au lieu de 10. « Ce ne serait pas pénalisant pour l’Etat et réduirait les risques de l’officine en matière de trésorerie », commente Patrick Zeitoun.
Le second amendement proposerait, lorsqu’une officine en rachète une autre pour la fermer, qu’une partie de l’opération (la moitié…) soit amortissable sur 10 ans. « Si 1 % des pharmaciens en profitaient par an, le gouvernement aurait en 10 ans une bonne partie des fermetures qu’il souhaite, lance Patrick Zeitoun. Bien sûr notre proposition est un peu provocatrice et a très peu de chances d’être retenue, mais l’idée va commencer à faire son chemin pour plus tard. Un tel système de fermeture permettrait au moins aux vendeurs qui ne trouvent pas de repreneur à ce jour de s’en sortir la tête haute. » Et à la logique des regroupements de points de vente de prendre le pas sur les fermetures hasardeuses.
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