« Le paiement à la performance est inéluctable. »

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Publié le 12 mai 2012
Par Magali Clausener
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Le P4P est-il inéluctable ?

Le paiement des médecins n’est adapté ni à l’organisation, ni à leur rôle, ni à la prise en charge des pathologies. L’évolution vers un paiement à la performance pour les médecins généralistes et spécialistes, et aussi pour les autres professionnels de santé est inéluctable.

Qu’entendez-vous par « le devenir du p4p à la française apparaît aussi avéré qu’orphelin d’un support législatif » ?

La relation entre l’Etat et l’Assurance maladie est insatisfaisante et le texte conventionnel national et sa mise en œuvre sur le terrain par les ARS sont en contradiction. Comment imaginer rester au plan national quand les déclencheurs des priorités des médecins sont liés à des objectifs locaux ? L’adaptation régionale de la convention médicale doit être organisée par une loi.

Le paiement à la performance des pharmaciens est lié à celui des médecins. Comment faire pour que cela fonctionne ?

L’Assurance maladie a une approche profession par profession. Le paiement à la performance mérite une approche pluridisciplinaire. Soit l’Assurance maladie change de stratégie pour une vision globale, soit il faut une loi. C’est un sujet dont le nouveau gouvernement doit s’emparer.

L’avenant sur les génériques et son accord entre les médecins, les pharmaciens et l’Assurance maladie ne propose-t-il pas une vision plus globale ?

Cet accord est axé sur les seuls génériques. Si l’Assurance maladie poursuit une stratégie morcelée sur un dossier qui mérite une approche coordonnée avec tous les professionnels de santé, cela ne fonctionnera pas. En France, le P4P est la principale source d’efficience pour le système de santé et dans la conjoncture économique actuelle, il serait particulièrement coupable de ne pas l’exploiter.

Quels sont les autres obstacles au P4P ?

Un système d’informatisation fiable permettrait la coopération interprofessionnelle autour du DMP. Le second obstacle est la pertinence médicale des recommandations scientifiques fondées sur d’autres critères que sur la compétence du payeur.

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Quant à la coopération interprofessionnelle, on constate toute une série de freins. Engageons une course contre la montre entre la culture médicale et les contraintes économiques.