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L’art de la métamorphose
Pascal Caussimon a fait de la santé par l’alimentation et les plantes son cheval de bataille. Sa propre métamorphose est un argument imparable pour convaincre ses patients.
Trente ans de comptoir et son expérience d’obèse ont convaincu Pascal : « La malbouffe est un vrai fléau. Il faut se préoccuper de son alimentation, sinon, on court à la catastrophe. » Derrière son comptoir, il enseigne les principes qui lui ont sauvé la vie : donner une autre dimension à l’alimentation et redécouvrir l’usage des plantes pour nettoyer l’organisme en profondeur : « le fondement de la médecine d’Hippocrate », rappelle le préparateur qui a couché ses conseils sur le papier, sous le titre : Sommes-nous des poubelles humaines ?, paru au printemps dernier*.
Après le mirage des pilules miracles. « J’ai vu trop de gens malheureux à cause de leur excès de poids », raconte Pascal Caussimon qui trouve son premier emploi dans une pharmacie leader des Alpes Maritimes dans le domaine de l’amaigrissement. Le comble pour un officinal qui affiche un tour de taille imposant. Il y restera vingt ans. Cette officine vend les fameuses gélules à base d’extraits thyroïdiens, d’amphétamines… « Je n’avais pas conscience des effets toxiques de tels produits. » Lui-même consomme les pilules miracles, pour le côté amphétamines, car il vit à 400 à l’heure, cumule les emplois, ajoutant au métier de préparateur celui d’inventoriste en pharmacie, en travail de nuit, plus celui d’imprimeur… « J’avais soif d’argent et de notoriété, et puis je me suis retrouvé à 36 ans avec un corps qui ne suivait plus. » Quand il essuie un échec monumental avec son imprimerie, il part se mettre au vert au Canada : c’est la révélation ! « J’ai pris conscience de la nature dans ce pays visionnaire en matière de respect de l’environnement et des êtres humains… Je découvrais en même temps un autre art de l’alimentation. » Lorsque Pascal rentre en France, il renoue, lui l’enfant de la campagne, avec la nature. C’en est fini des pilules miracles. Peu à peu il intègre dans ses conseils les plantes et ne cesse de se documenter. Il propose même à une clientèle fidèle des consultations puis crée sa propre gamme : Cybèle Nature, du nom de la déesse de la nature sauvage avec un laboratoire espagnol spécialisé et un pharmacien rencontré jadis. L’expérience dure deux ans puis il se recentre sur les gammes des grands laboratoires. Le chiffre d’affaires de l’officine augmente. « J’ai ramené dans la pharmacie un secteur qui s’était déplacé dans les magasins bio. »
À force de s’occuper du poids des autres, il prend conscience qu’il doit s’occuper aussi du sien. Et tourner la page à quatre décennies d’excès. La nourriture est en effet, chez lui, un avatar de naissance : « Tout jeune, j’étais une vraie bouboule et la risée de tous. » Pascal est né dans le Lot-et-Garonne, en pays gascon, une région où « règne le culte de l’alimentation » et a été conditionné à manger plus que de raison. D’autant qu’il est le dernier d’une famille de trois enfants dont les aînés ont eu des problèmes de santé. Son frère est venu au monde avec une grave malformation du pancréas. Ce handicap a fait de lui un diabétique contraint à un régime alimentaire restrictif. Sa soeur, elle, chétive, ne mangeait presque rien. Pour ses parents qui avaient subi la guerre et la disette, cette réalité leur était insupportable : « Mange mon petit, tu vas à l’école. » L’antienne de la mère résonne encore à ses oreilles. Une telle attention aura eu raison du poids de l’enfant. « C’est sûr, j’étais le rayon de soleil de la famille, car je ne pensais qu’à manger. Sauf qu’à 6-7 ans, je dépassais les 40 kg. » 110 kg à 40 ans.
Un livre pour donner sa recette. En 2002, il perd 30 kg. Quand ses patients lui demandent comment, il répond : grâce aux plantes et à sa réforme alimentaire progressive où il a intégré silicium, algues et plantes. Parce qu’il veut divulguer ce qu’il a appris, il écrit un livre. On y apprend comment les algues rendent les gens beaux et leur confèrent une autre aura. « Il n’y a rien de mystique dans tout ça, se défend-il. Je ne fais qu’inculquer un savoir sur les plantes, prôner un comportement naturel. Détoxiner son foie en mangeant des algues, il n’y a pas mieux. » Vendu dans l’officine où il travaille depuis un an et demi, le livre rencontre du succès auprès des clients dont bon nombre décident de se prendre en mains. Un deuxième ouvrage est en cours. Le préparateur en a déjà le titre : L’art de se métamorphoser. Serein et bien dans sa peau, il vient aussi de lancer son site Internet . •
* Sommes-nous des poubelles humaines ?, Édition Etnas.
Pascal Caussimon>
50 ans.
Formation : préparateur en pharmacie.
Lieu d’exercice : Pharmacie de l’Aire Saint-Michel.
Ce qui le motive : aider les gens à se transformer.
Portrait chinois
• Si vous étiez un végétal, lequel seriez-vous ? Un trèfle à quatre feuilles en forme de coeur. Pour améliorer mon « côté coeur » que j’ai négligé durant 40 ans.
• Si vous étiez un médicament ? Pour combattre le mal d’amour et rendre les gens amoureux. Quand j’aime, je ne fais pas semblant.
• Si vous étiez une forme galénique ? Un collyre pour regarder la vie avec sérénité.
• Si vous étiez un matériel ou dispositif médical ? Une béquille pour aider.
• Si vous étiez un vaccin ? Contre l’intolérance dont j’ai été victime lorsque j’étais gros.
• Si vous étiez une partie du corps ? Le coeur.
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