LA VALEUR PRÉSERVÉE

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Publié le 8 décembre 2012
Par Francois Pouzaud
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La marge des officines s’est maintenue en 2011 grâce aux remises sur le générique et aux rémunérations liées à la coopération commerciale. Leur progression compense les pertes de marge réglementée.

Du temps où la dégressivité de la MDL était plus forte, une progression compensatoire du CA de 3 % ou 4 % était indispensable pour gommer l’érosion du taux de marge. Aujourd’hui, avec une croissance symbolique du CA de 1,1 %, la marge croît quand même de 1,8 %, selon l’enquête économique de la FSPF, grâce à la bonne progression de la coopération commerciale afférente aux génériques. « Notre marge est sous perfusion », constate Philippe Besset. Le président de la commission économie de la FSPF est conscient qu’il suffirait que l’intéressement et la rémunération du pharmacien sur les ventes de génériques changent pour mettre à mal la marge des officines.

UNE FORTE DISPERSION DES TAUX DE MARGE

Les interrogations de Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, sur le devenir de la marge du grossiste empochée par le pharmacien quand il achète ses médicaments (génériques ou pas) en direct laissent perplexe. Catherine, Lemorton a néanmoins expliqué, dans un entretien au Moniteur le 13 octobre dernier, que ses propos avaient été déformés.

Dans le contexte actuel, la stabilité de la marge est presque une bonne nouvelle (27,8 % en moyenne, soit 430,9 k€). La forte dispersion des taux de marge entre les officines reste toutefois une préoccupation. La fourchette moyenne, comprise entre 26 % et 28 %, ne regroupe que 43 % des officines. 15 % des officines ont un taux de marge inférieur ou égal à 26 % et 28 % profitent encore d’un taux de marge supérieur à 29 %. Les écarts sont moins marqués par zone géographique. Sans surprise, les officines de centre commercial sont toujours au zénith (taux de marge de 29 %). Les rurales ne sont pas les plus mal loties (28,3 % celles de centre-bourg, 27,8 % pour celles en périphérie ou situées près d’une supérette). Les officines urbaines de quartier (27,4 %) et de banlieue (27,2 %) causent plus de souci. Celles de centre-ville s’en sortent mieux (28 %), bien que confrontées à de sévères baisses de fréquentation avec la piétonisation galopante dans les grandes agglomérations.

LA MARGE RÉGLEMENTÉE CRUCIFIÉE

Comme les années précédentes, la progression de la marge est en deçà de celle des salaires, charges d’exploitation et cotisations qui progressent a minima de l’inflation (+ 3,1 % dans l’enquête de la FSPF, hors sociétés à l’IS). La marge sur spécialité remboursable est passée en dix ans d’un indice 100 à un indice de 113, pendant que la valeur du point pour les salariés a grimpé à 130.

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L’évolution de la marge sur le remboursable alterne hausses (+ 2,0 % en 2007, + 2,1 % en 2009, + 0,33 % en 2010) et baisses (– 2,8 % en 2006, – 2,7 % en 2008, – 0,63 % en 2011 et – 1,19 % à fin août 2012). « Moins 11 % en CA, moins 8,6 % en marge, septembre est un mois catastrophique, relève Philippe Besset. La baisse atteint 105 M€. Les prévisions de la CNAM à fin 2011 tablaient sur 255 M€ de baisse de marge, mais la revalorisation de la marge sur les grands conditionnements – correspondant à une économie de 30 M€ pour le réseau – et la croissance liée à l’effet structure (déplacement des prescriptions vers des médicaments récents plus chers) permettront de récupérer 105 M€. En fin d’année, la marge du réseau devrait se situer à son niveau de 2004, aux alentours de 5,46 Md€ ».

REPÈRES

Lexique

Marge

Différence entre les ventes de la pharmacie et les achats consommés, en déduisant les remises et les coopérations commerciales obtenues.

Taux de marge

Rapport en pourcentage de la marge en valeur sur les ventes.