La baisse des prix de cession s’accélère en 2010

Réservé aux abonnés
Publié le 26 mars 2011 | modifié le 20 août 2025
Par Francois Pouzaud
Mettre en favori

La crise économique et financière que traverse l’officine est à l’origine d’un nouveau coup de rabot sur les prix des pharmacies. L’enquête annuelle réalisée par Interfimo, que nous dévoilons en avant-première, montre qu’ils ont baissé de 2 points en 2010 et de 5 points en deux ans. Le chiffre à retenir : 86 % du CA TTC.

La pharmacie connaît une lame de fond qui semble façonner le paysage officinal. Déjà en 2009, le prix de cession des officines avait baissé de 3 points. L’an dernier, pour la seconde fois, il enregistre une baisse de 2 points, affichant un taux de 86 % du chiffre d’affaires TTC. Une bonne nouvelle pour les acquéreurs, mais le marché n’est pas pour autant débloqué. Les candidats à l’installation sont conscients que les marges de manœuvres sont de plus en plus étroites et les pharmaciens les plus récemment installés sont de loin les plus vulnérables à la crise. D’où leur extrême prudence, voire pour la plupart, leur attentisme. Cumulée sur 2 ans, la baisse est effectivement de 5 points mais reste insuffisante au regard de la baisse des rentabilités.

Les retraites, cause principale des transmissions

Le nombre de mutations n’est toujours pas à un niveau suffisant pour assurer le renouvellement convenable d’une profession qui vieillit. Néanmoins, Interfimo relève, dans sa dernière enquête statistique, une légère reprise des volumes des cessions de fonds (+ 2,4 % à 1 090). Ce changement de tendance fait suite à 3 années de baisses consécutives. Cette augmentation des cessions doit, en outre, tenir compte des cessions de parts sociales, ce qui induit 1 400 mutations l’an dernier. Cette hausse tient plus au nombre des départs en retraite qui ne cesse de croître (+ 4,5 %) qu’à la mobilité interne (vente pour réinstallation). Plus que jamais, dans un contexte de crise, les départs en retraite restent la principale cause de transmission. Ce regain se traduit logiquement par une augmentation du taux de rotation des officines qui s’affiche à 48 mutations pour 1 000 officines contre 46 en 2009 en France.

Les SARL ont le vent en poupe

Dans ce marché difficile, les vendeurs potentiels n’ont pas d’alternative : il faut qu’ils revoient leurs prétentions à la baisse. Et tous les moyens pour atténuer le double handicap de prix élevés et d’apports personnels insuffisants ont été utilisés. Chacun fait en sorte que les plans de financement passent auprès des banques. Depuis plusieurs années, l’acquisition d’un fonds en SEL est la règle, si bien qu’aujourd’hui la fiscalité à l’impôt sur les sociétés de ce statut juridique, qui améliore la capacité de remboursement, n’est plus une variable d’ajustement puisque tout le monde y a recours. En 2010, le nombre de SEL a encore progressé (5 531 au 1er janvier 2011, + 11,37 %, soit 57,6 % des officines du réseau). Le taux de pénétration au niveau national est passé de 22 % en 2009 à 25 %, la palme revenant en ce domaine à la région Alsace avec près d’une pharmacie sur deux exploitée en SEL (46 %). L’acquisition d’une officine se fait par le biais d’une SEL dans environ 55 % des cas. Cependant, la forme sociétaire qui a eu le plus le vent en poupe l’an dernier est la SARL (1 122, + 21,3 %, soit 30,9 % des officines).

Publicité

La conférence Interfimo à Pharmagora

Durant la présentation de son enquête statistique annuelle, le lundi 28 mars, lors du salon Pharmagora Interfimo évoquera la mutation du marché de l’achat et de la vente de fonds vers la transmission de parts sociales, qui va devenir la règle avec le développement des SEL. Les incidences sont nombreuses sur les modalités de valorisation des parts, les garanties demandées, la capacité d’endettement de l’acquéreur, la restructuration des dettes de la société… et il faut les anticiper. Par ailleurs, l’intégralité de l’étude sur les prix de cession 2010 et des diaporamas complémentaires seront disponibles dès le lundi 28 mars au matin sur le site WK-Pharma.