Aromasine en chimioprévention

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Publié le 11 juin 2011 | modifié le 19 août 2025
Par Véronique Pungier
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Le traitement du cancer du sein Aromasine (exemestane) semble faire ses preuves en prévention. Cet inhibiteur de l’aromatase a réduit de 65 % le risque de cancer du sein invasif chez des femmes ménopausées à haut risque ayant bénéficié d’un suivi médian de trois ans. Plus de 4 500 femmes en bonne santé ont en effet été traitées par un placebo ou par la molécule à raison de 25 mg par jour, pendant cinq ans. Dans cette étude MAP.3, présentée à Chicago lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (Asco), les cancers du sein diagnostiqués (11 cancers invasifs contre 32 pour le groupe placebo) présentaient des récepteurs aux estrogènes, ne surexprimaient pas le récepteur HER2 et étaient dépourvus d’envahissement ganglionnaire.

Efficace et bien toléré

Le rapport bénéfice/risque de cette chimioprévention suscite l’enthousiasme des médecins investigateurs de l’étude. Pour le responsable de l’essai clinique en France, le Pr Pascal Pujol (CHU de Montpellier), « l’étude est extrêmement positive. On a une efficacité énorme avec relativement peu d’effets secondaires. En termes d’efficacité, c’est presque deux fois mieux que le tamoxifène ». Les patientes traitées ont ressenti un peu plus de bouffées de chaleur, de fatigue, d’insomnies ou d’arthrite que les femmes sous placebo. Deux autres anti-aromatases sont actuellement testés en chimioprévention : le létrozole (Femara et génériques) et l’anastrozole (Arimidex et génériques). Soit trois potentielles alternatives à la chirurgie prophylactique.

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