La taurine

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Publié le 11 juin 2011 | modifié le 19 août 2025
Par Michèle Sauvage
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Qu’est-ce que c’est ?

La taurine, acide 2-aminoéthanesulfonique, est un dérivé d’acide aminé soufré naturellement présent dans l’organisme humain. Elle doit son nom à la bile de taureau où elle fut initialement isolée.

C’est un acide aminé essentiel non indispensable, synthétisé par l’organisme et apporté par l’alimentation. Chez le prématuré, la taurine est considérée comme un acide aminé indispensable.

Elle ne participe pas à la constitution des chaînes protéiques dans l’organisme humain.

Quelles en sont les sources alimentaires ?

La taurine est présente dans les produits d’origine animale : viandes, fruits de mer, poissons, à des concentrations de 40 à 500 mg/100 g. On la trouve aussi dans le lait et les produits laitiers à des concentrations de l’ordre de 1 à 4 mg/100 g ou /100 ml (le lait de vache en contient 0,24 mg/100 ml, le lait maternel : 4,2 mg/100 ml).

Quelle est sa biosynthèse ?

La taurine est produite dans l’organisme à partir de la méthionine, acide aminé soufré indispensable dont la transformation en homocystéine par transméthylation, puis en cystéine par transsulfuration, permet la synthèse de taurine à la suite de réactions d’oxydation et décarboxylation (en présence de cofacteurs comme les vitamines B6 et B12).

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Quelles sont ses fonctions physiologiques ?

La taurine est présente dans l’ensemble des tissus de l’organisme, en particulier au niveau du rein, du cerveau, de la rétine, du myocarde.

Ses effets physiologiques sont multiples et les mécanismes d’action, complexes, ne sont pas tous bien connus.

Son rôle est principalement cité dans la régulation des échanges osmotiques (concentration intracellulaire 500 à 2 000 fois plus élevée que sa concentration extracellulaire), la neuromodulation des récepteurs GABA A, le métabolisme des lipides (elle favorise l’élimination du cholestérol), la lutte face au stress oxydant, la protection des photorécepteurs de la rétine, le développement tissulaire périnatal.

Quelles sont ses utilisations ?

La taurine est utilisée dans :

• des compléments alimentaires, seule ou associée à des plantes, des vitamines ou des oligo-éléments ;

• dans des boissons dites « énergisantes » à des concentrations de l’ordre de 4 000 mg/l ;

• dans des boissons sans alcool rafraîchissantes ;

• dans des laits pour nourrissons ;

• en supplémentation dans l’alimentation industrielle pour animaux ;

• dans le traitement de la dépendance alcoolique sous forme d’un de ses dérivés : l’acamprosate (Aotal).

Quels sont les niveaux d’apport ?

Une alimentation diversifiée et équilibrée associée à sa synthèse endogène suffisent à couvrir les besoins en taurine. En raison d’une synthèse endogène limitée, le statut en taurine est influencé par l’apport alimentaire. Il y a de grandes variations dans les apports quotidiens selon le type de régime alimentaire : de l’ordre de 100 mg/j dans la population générale omnivore (17 mg/j chez le lacto-ovo-végétarien) avec des niveaux de consommation allant de 9 à 400 mg/j.

Quels sont les risques ?

La communauté scientifique s’est surtout intéressée aux acides aminés libres, comme la taurine, utilisés comme ingrédient ou complément alimentaire. L’évaluation d’un effet neurotoxique potentiel a permis d’établir la « dose sans effet indésirable observé » à 1 000 mg de taurine/kg/j.

BOISSON ÉNERGÉTIQUE OU ÉNERGISANTE

• Une boisson énergétique est adaptée à l’effort physique et répond à des critères nutritionnels précis.

• Le terme « boisson énergisante » n’a pas de réalité réglementaire ni physiologique. Il qualifie des boissons sensées « mobiliser l’énergie » en stimulant le système nerveux. Les substances à effet ergogénique sont le plus souvent : la caféine ou le guarana, le ginseng, des vitamines, du glucuronolactone, de la taurine… Pour l’Autorité européenne de sécurité des aliments, la consommation de taurine (en tant qu’ingrédient individuel dans les niveaux actuellement utilisés dans ces boissons « énergisantes ») ne suscite pas d’inquiétude sur le plan de la sécurité sanitaire. En France, les boissons énergisantes sont en particulier déconseillées aux femmes enceintes, aux enfants et aux sportifs.