Est-il exact que les anti-TNF-alpha exposent à un risque de tuberculose grave ?

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Publié le 18 juin 2011 | modifié le 19 août 2025
Par Pascale Naudin et Géraldine Galan
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Réponse : Oui. Le TNF est l’une des principales cytokines pro-inflammatoires. Elle active l’immunité et provoque notamment la formation et le maintien du granulome (immunité antimycobactérienne). Les anti-TNF-alpha majorent donc le risque de contracter une infection à mycobactéries dont fait partie la tuberculose. Ces tuberculoses sont plus fréquemment observées avec les anticorps monoclonaux tels que l’infliximab (Remicade) et l’adalimumab (Humira) qu’avec le récepteur soluble étanercept (Enbrel). Elles sont souvent graves et leur taux de mortalité est de 10 %, soit dix fois supérieur à celui des tuberculoses en général. Ce phénomène s’explique par le fait qu’une tuberculose sous anti-TNF est pulmonaire et grave dans un cas sur deux ; les autres cas concernent des localisations inhabituelles (ganglions, méninges, système digestif ou urogénital…), ce qui entraîne un retard de diagnostic, également source de gravité. C’est pourquoi l’Afssaps recommande un dépistage des sujets à risque de réactivation de tuberculose avant l’initiation d’un traitement par anti-TNF et l’instauration d’une chimioprophylaxie au moins 3 semaines avant le début du traitement chez les patients à risques.

Sources : La Revue du Praticien Médecine Générale ; Immunologie, D. Male, édition Elsevier.

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