Mathilde Laurent cherche son banquier

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Publié le 10 septembre 2011 | modifié le 18 août 2025
Par Francois Pouzaud
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« Le Moniteur » a suivi un pharmacien durant les premiers mois de son installation. Mathilde Laurent inaugure cette nouvelle série d’articles. Premier objectif de la toute jeune diplômée : convaincre les banques que son projet tient la route.

Pour monter son projet de rachat d’une officine à Aulnoye-Aymeries, dans le Nord-Pas-de-Calais, Mathilde Laurent, diplômée en 2011, soutenue par deux officinaux de la région. Ils l’aident à hauteur de 49 % dans une SELARL dans laquelle ils sont associés investisseurs. Sur les conseils d’un cabinet d’expertise comptable, elle envisage de recourir à un emprunt personnel de 40 000 € afin de constituer un capital de 137 000 € et de détenir 51 % des parts de la SELARL.

Au moment où nous la rencontrons, la jeune pharmacienne cherche encore un financement. Malgré la caution financière apportée par ses deux associés, elle connaît des difficultés pour décrocher un prêt attractif. « J’ai contacté quatre banques, raconte Mathilde Laurent. Deux d’entre elles n’étaient pas intéressées car elles étaient persuadées qu’elles ne pourraient pas récupérer le compte de la société dans la mesure où mes deux associés avaient leur compte ailleurs. » Une crainte habituelle, car la banque se rémunère moins sur le taux d’intérêt que sur la monétique et les flux sur les différents comptes du client.

« Il faut sans cesse relancer les banques »

La pharmacienne a découvert les exigences financières de l’acquisition et l’aversion des banques pour le risque : « Il faut sans cesse les relancer par téléphone et e-mail pour savoir où en est le dossier car elles ne se pressent pas pour vous répondre… » Mathilde Laurent a même lâché prise avec une banque particulièrement tatillonne : « Elle me réclamait une caution personnelle, des pièces du business plan que je lui avais déjà fournies, me posait des questions sur les horaires d’ouverture de la pharmacie et la possibilité d’un transfert dans un petit centre commercial en construction situé à proximité. »

Finalement, c’est la banque la moins exigeante qui financera l’installation de Mathilde Laurent, moyennant deux emprunts sur le stock et sur le fonds de durées différentes. Mais la jeune pharmacienne a constaté que la police d’assurance de la banque garantissant le remboursement n’était pas la plus avantageuse. Elle a donc décidé d’aller voir ailleurs. « Pour obtenir l’attestation, la compagnie d’assurances me demande tout de même de pratiquer certains examens médicaux », précise Mathilde.

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Monter un business plan convaincant

Mathilde s’est efforcée de présenter à la banque un business plan structuré, factuel et « vendeur ». « J’y ai joint des photos de la pharmacie, une carte indiquant les médecins environnants, la concurrence, la présence d’une maison de retraite, des articles de La Voix du Nord sur la construction du centre commercial dont l’ouverture est prévue fin 2012 », indique-t-elle. Les entretiens se sont déroulés en duo, tantôt avec l’assistance de son expert-comptable, tantôt avec l’un de ses associés, à tour de rôle. « Je prends davantage la parole dans le second cas, remarque Mathilde. J’explique comment va fonctionner notre association et quelles seront les synergies de notre alliance. Travailler avec des associés, par exemple sur les achats groupés, pour gagner en efficacité et en rentabilité est déterminant pour la banque. »

Le mois prochain, Mathilde Laurent découvre sa future équipe.