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La poliomyélite
Fléau des années 50, la poliomyélite paralytique aiguë (ou maladie de Heine-Medin), très invalidante, a aujourd’hui disparu en France. Elle reste pourtant un enjeu majeur de santé publique, la vaccination étant la seule arme disponible.
Qu’est-ce que c’est ?
• La poliomyélite est une pathologie virale contagieuse atteignant le système nerveux central (SNC), en particulier la substance grise de la moelle épinière, au niveau des cornes antérieures, siège de la motricité. Elle est causée par des virus à ARN du genre Entérovirus : les Poliovirus de type 1 (le plus fréquent), 2 et 3.
• L’homme est le seul réservoir du virus, qui se multiplie dans le rhinopharynx et l’intestin pendant les premières semaines de l’infection, puis se retrouve dans les selles. C’est donc majoritairement par la voie féco-orale que la transmission du virus s’effectue, de par le manuportage ou la consommation d’eau et d’aliments souillés. Cependant, le contact avec les sécrétions salivaires peut également être contaminant.
• En 1988, l’OMS a lancé un plan mondial de lutte contre la poliomyélite, espérant ainsi qu’elle serait la seconde maladie infectieuse virale éradiquée après la variole. Depuis 2002, l’Europe a été déclarée exempte de poliomyélite.
Quels sont les signes cliniques ?
• L’incubation dure en moyenne de 7 à 14 jours.
• Dans la majorité des cas, l’infection à Poliovirus reste silencieuse, seuls 10 % des sujets infectés développent un état fébrile banal. Le virus peut également entraîner un syndrome méningé, d’évolution rapide et favorable, ou une atteinte du SNC, plus sérieuse, survenant dans 2 % des cas. Le virus détruit alors en général les motoneurones de la corne antérieure de la moelle épinière, entraînant, en 48 h, des paralysies flasques aiguës, sans perte de sensibilité. L’atteinte est classiquement asymétrique et touche principalement les membres inférieurs.
• L’évolution peut être fatale en cas d’atteinte respiratoire et en l’absence de soins.
Existe-t-il des traitements ?
• Il n’existe aucun traitement curatif, seule une prise en charge symptomatique est possible. En phase aiguë, elle consiste en un traitement antalgique, de la kinésithérapie pour éviter les rétractations musculaires et une assistance respiratoire.
• Même si l’évolution de la maladie est souvent favorable, les séquelles peuvent être importantes et nécessiter une rééducation kinésithérapique et parfois un appareillage.
• Il existe un traitement prophylactique : la vaccination. En France, le vaccin antipoliomyélitique disponible est injectable et inactivé. Il est disponible, seul (Imovax) ou en combinaison (Infanrix, Boostrixtetra, Tétravac, Pentavac, Repevax, Revaxis), et est très bien toléré. Après injection, les effets indésirables observés se limitent à des réactions locales mineures (douleur, érythème, œdème, disparaissant en 24 à 48 h).
Comment vacciner ?
Au même titre que les vaccins contre le tétanos et la diphtérie, le vaccin antipoliomyélite est obligatoire en France. Cette obligation ne concerne que la primovaccination et les rappels jusqu’à l’âge de 13 ans.? Le rappel vaccinal tous les 10 ans chez l’adulte est vivement recommandé, au vu de la gravité de la maladie et de la quasi-innocuité du vaccin. En France, on estime qu’un adulte sur deux ne serait pas à jour de cette vaccination. La vaccination est également obligatoire dans certains milieux professionnels (santé, médico-social).
EN PRATIQUE
• La poliomyélite est une maladie à déclaration obligatoire.
• Encourager la vaccination et son suivi, y compris chez les adultes, en délivrant si nécessaire un carnet de vaccination (téléchargeable sur www.inpes.sante.fr).
• Vérifier le statut vaccinal avant tout séjour en zone à risque.
• Aucune contre-indication à la vaccination par le vaccin injectable, y compris chez la femme enceinte ou l’immunodéprimé.
Sources : « Poliomyélite antérieure aiguë », www.sante.gouv.fr, août 2010 ; « Poliomyélite », OMS, octobre 2011. « Les Infections à Entérovirus », E. Pilly, 2010 ; « Enteroviruses », « Sherris Medical Microbiology », 4e ed. ; www.polioeradication.org ; www.apf.asso.fr ; www.post-polio.asso.fr.
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