TOUS À 13 CHIFFRES !

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Publié le 2 février 2013
Par Francois Pouzaud
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Depuis le 1er janvier 2013, l’identification française normalisée des médicaments a changé. Le code à 13 caractères devient le code de référence des échanges au sein de la chaîne de distribution pharmaceutique. En pratique, qu’implique ce changement pour l’officine ?

Qu’est-ce qu’un code d’identification ?

Le Pharmacode CIP (Club Inter Pharmaceutique) est l’identification française normalisée des médicaments dans les échanges entre les acteurs de la chaîne de distribution pharmaceutique. Anciennement à 7 chiffres, il passe à 13 chiffres et devient le CIP13. Les produits sans AMM (code ACL) vendus en pharmacie sont également concernés par ce changement. La présence des codes 13 dans les bases produits CIP-ACL permet d’assurer la reconnaissance des codes des produits.

Le code CIP13 sert également de support à toutes les communications commerciales (tarifs, fiches techniques, documentations…) déclarées dans les bases produits CIP-ACL, ainsi qu’à tous les échanges dématérialisés (commandes, factures, statistiques…).

Pourquoi passer à 13 caractères ?

L’enrichissement du code CIP vise à garantir une traçabilité complète du produit grâce au numéro de lot et à la date de péremption. Il concourt également aux enjeux sanitaires de sécurité de la supply chain (gestion de la chaîne logistique pour avoir les bonnes quantités au bon moment), à l’amélioration des retraits et rappels de lots de médicaments et à la prévention des risques de contrefaçons. En outre, ces informations peuvent être mises à la disposition du patient dans son dossier pharmaceutique.

Qu’apporte le code Datamatrix ?

Depuis le 1er janvier 2011, les laboratoires pharmaceutiques sont passés au code bidimensionnel GS1 Datamatrix. Ce nouveau standard de codification permet l’encodage de plus d’informations que les codes-barres. Il contient, en sus du code CIP, le numéro de lot et la date de péremption. Il permet l’échange d’information entre fabricants, grossistes, officines et Assurance maladie grâce à la norme de télétransmission Pharma-ML. Les choix techniques du Datamatrix permettent d’insérer un numéro de série pour assurer ultérieurement la traçabilité de la boîte.

Cette nouvelle norme d’échange débouche également sur de potentielles économies pour les officines réalisant des inventaires périodiques. Car, selon Raphaël David, responsable des ventes de lecteurs codes-barres chez Motorola, « les nouveaux terminaux d’inventaires, lisant les codes Datamatrix, vont pouvoir repérer suffisamment tôt des stocks de produits arrivant à péremption et les écouler plus facilement ».

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Comment sont codées les nouvelles AMM ?

Depuis le 1er janvier, toute nouvelle AMM est affectée uniquement d’un code CIP13 sans lien avec le CIP7. Le code-barre disparaissant également, les conditionnements des médicaments comporteront uniquement le code CIP13, le numéro de lot et la date de péremption, sous forme de marquage Datamatrix ECC200. « Le code Datamatrix a été mis en place dans la perspective de la suppression de la vignette. Tant que celle-ci continue d’exister, le code-barre à 7 caractères reste signifiant », rassure Philippe Besset, président de la commission Economie à la FSPF.

Faut-il s’équiper en nouveaux lecteurs 2D ?

Oui, il est important de s’équiper rapidement de ces lecteurs, qui possèdent des appareils photo qui détectent et décodent les codes barres et points de marquage Datamatrix, car « les scanners actuels ne reconnaissent et ne lisent qu’une partie de ce qui est visible sur un code à 13 caractères. Les problèmes de lecture se poseront avec les médicaments commercialisés en 2013 ayant pour unique code un Datamatrix », signale Didier Caron, directeur du développement d’Infosoft. Le pharmacien qui n’est pas encore équipé ou qui ne souhaite pas s’équiper en lecteurs 2D devra saisir manuellement le nom du produit.

Combien coûtent ces lecteurs 2D ?

Selon Didier Caron, il faut compter entre 250 et 500 euros pour l’acquisition d’un lecteur 2D. « Il faut acheter des lecteurs capables de décoder la norme GS1-128 », recommande Raphaël David. « Les différents acteurs de la chaîne du médicament étant demandeurs de ce changement pour faciliter leurs échanges, il n’y a pas lieu de demander une indemnisation à l’Assurance maladie », précise Philippe Besset.

Faut-il adapter les logiciels ?

Là encore, il est important d’investir rapidement car, « à compter du 1er janvier 2013, les pharmaciens travaillant avec une version de logiciel antérieure à la norme SESAM-Vitale V.1.40.7 peuvent se retrouver dans l’impossibilité de transmettre aux caisses les flux comprenant un nouveau produit étiqueté du code CIP 13 », indique Didier Caron. Selon lui, seul un quart des officines ont changé leur logiciel et deux tiers sont équipées des lecteurs 2D.

Y a-t-il des échéances pour s’adapter ?

La première échéance va vite arriver « Environ cinq cents pharmacies ne transmettent pas encore leurs commandes à leurs grossistes via Pharma-ML. Les titulaires ont jusqu’au 30 mars 2013 pour changer leurs normes de commandes, avertit Philippe Besset. Passée cette date, ils ne pourront plus passer de commandes à leurs grossistes. »

Raphaël David conseille de s’équiper des nouveaux lecteurs et d’adapter son logiciel dans les mois qui viennent, avant que la vente des nouveaux médicaments avec le seul code Datamatrix représente plus de 5 % des ventes de l’officine. « Au-delà de ce seuil critique, les problèmes de lecture et de transmission vont devenir significatifs et perturber le quotidien », estime-t-il.

NB : Pour plus de renseignements : passagecode13@cipclub.org ou passagecode13@aclclub.org.

REPERES

CODE CIP 7

Code d’identification des médicaments avec AMM constitué de 7 chiffres et applicable avant le code d’identification actuel.

CODE CIP 13

Nouveau code d’identification des médicaments attribuée à toute nouvelle AMM depuis le 1er janvier 2013, enrichi de la date de péremption et du numéro de lot.

DATAMATRIX

Système d’encodage contenant le code CIP13, le numéro de lot, la date de péremption et le numéro de série de la boîte.

Réactions

JÉRÔME ESCOJIDO, TITULAIRE À PÉROLS (HÉRAULT)

J’ai suivi une formation d’une demi-journée organisée par LGPI sur les nouvelles fonctionnalités de la dernière version du logiciel. Maintenant, ma SSII me propose le lecteur 2D Datamatrix Magellan au prix de 474 €HT l’unité. Mais tant que je ne suis pas obligé d’investir, je reporte la décision. De même, j’attends de voir ce qui pourra être réellement identifié et quelles seront les informations réellement disponibles sur la gestion des promis. Je crains aussi que les automates pour la PDA ne soient pas capables pour l’instant de transférer automatiquement des numéros de lots.

PASCAL NOUGARÈDE, TITULAIRE À NICE (ALPES-MARITIMES)

Ma pharmacie est équipée depuis trois ans en lecteurs 2D Datamatrix. Cela fut fait au moment de la robotisation de l’officine, dans une optique de sécurité et de traçabilité intégrales. La dernière version du logiciel a été installée il y a deux mois environ. Pour chaque produit scanné, nous disposons du jour et de l’heure d’entrée et de sortie de l’officine, la provenance, le numéro de lot et la date de péremption. Nous rencontrons quelques bugs (blocage de la facturation) mais qui ne sont pas invalidants. Les codes Datamatrix sont plus longs à lire mais ce petit de temps de latence devrait se résoudre avec les évolutions des matériels. Je vais devoir aussi investir dans un serveur plus performant car le transfert des informations s’est nettement ralenti.