Le cri d’alarme d’un médecin de campagne

Réservé aux abonnés
Publié le 30 mars 2013 | modifié le 3 août 2025
Par Myriem Lahidely
Mettre en favori

D’ici 15 ans, nous allons vers une crise majeure de la démographie médicale. Quand on a vu la pyramide d’âge des médecins, on a tout compris. » Généraliste en Dordogne, le docteur Borée – un pseudonyme pour préserver son anonymat – tire la sonnette d’alarme sur ses conditions de travail dans une commune de 4 000 habitants, située à 45 minutes d’une ville de 20 000 habitants (Périgueux) et à deux heures d’une métropole (Bordeaux). Sur son blog (http://boree.eu/), il annonce la fermeture de son cabinet, préférant « fuir avant la catastrophe ». Pourquoi ? « Le canton n’est pas encore désertifié, mais je sais que ça arrive. La majorité des médecins des environs a passé la soixantaine. Ils partiront bientôt à la retraite et je sais qu’ils n’auront pas de successeurs. La plupart travaillent encore à l’ancienne, dans leur coin, sans intérêt pour les groupes de travail ni les échanges de pratique, ce n’est pas stimulant. »

Un seul stagiaire en cinq ans

Cet éloignement de tout prive le « docteur Borée » de contacts professionnels vitaux pour lui, ou de stagiaires dont il aimerait accompagner la formation. « Je n’en ai eu qu’un seul en cinq ans, il faut une heure de route pour venir faire un stage mal rémunéré. » Le médecin sait déjà qu’il restera à la campagne, mais à vingt minutes d’une ville. « L’exercice y est très riche par sa diversité. »

Sa solution durable pour aider les lieux isolés ? « Des postes salariés avec prime d’intéressement à l’activité, sinon aucun jeune ne viendra. »

Publicité