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Comment elles font naître des opportunités d’achats
Considéré comme un outil de croissance externe, le rachat de clientèle devient une vraie tendance de fond.
D’après les statistiques de l’Ordre des pharmaciens, 45 % des 500 fermetures de pharmacies de ces cinq dernières années s’expliquent par des cessions de clientèle. Les pharmaciens sont, en effet, de plus en plus nombreux à prendre conscience que c’est un bon outil de croissance externe. D’autres ne partagent pas ce point de vue et préfèrent attendre que leur concurrent baisse définitivement le rideau sans bourse délier. Le risque est alors que la pharmacie soit rachetée en dernière minute. D’après les chiffres de l’Ordre, 36 % des fermetures sont liées à une restitution volontaire de licence par le titulaire, faute de repreneur. Les liquidations judiciaires ne sont, elles, responsables que de 9 % des fermetures. Mais cette procédure se termine, le plus souvent, par un rachat pour un 1 € symbolique ou une somme dérisoire. Enfin, 10 % des fermetures sont issues d’opérations de regroupements.
Le départ d’un prescripteur fatal pour les officines
Compte tenu du contexte et des perspectives, ce marché des rachats de clientèle va encore progresser, parallèlement à l’accélération des fermetures. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2003 et 2007, seules une quinzaine d’officines fermaient chaque année. Entre 2007 et 2009, elles étaient une cinquantaine et ce chiffre a doublé depuis 2010 (103 en 2012).
Fermetures et rachats de clientèle ont lieu dans des zones de surdensité parce que la commune a moins de 2 500 habitants ou qu’elle a perdu des habitants. La hausse du quota à 4 500 habitants pour une pharmacie supplémentaire accroît mécaniquement le phénomène de surnombre.
Mais, contrairement aux idées reçues, la fermeture d’une officine n’est pas forcément en rapport avec sa taille ni avec son mode d’exploitation. Ce sont surtout le départ d’un prescripteur, un contexte économique plus difficile, des restructurations urbaines et les problèmes de gestion qui en sont les principales raisons.
Des inégalités régionales
Si l’Ile-de-France enregistre le plus grand nombre de défaillances (32 nouvelles procédures collectives en 2012), elle affiche le deuxième taux de fermeture d’officines en cinq ans (4 %), après la Haute-Normandie (5,5 %). Celle-ci rafle, à elle seule, 35 % des fermetures alors qu’elle n’abrite que 17 % des officines. Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) concentre aussi un nombre important de pharmacies en difficulté (29 nouvelles procédures collectives). Mais elle affiche un taux de fermeture très bas (0,2 %), ainsi que l’Alsace.
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