Une association qui finit bien

Réservé aux abonnés
Publié le 2 novembre 2013
Par Francois Pouzaud
Mettre en favori

Une association ne peut fonctionner que s’il existe une communauté d’esprit, de situation et d’objectif. Sinon, il faut se séparer. Et si possible dans de bons termes, pour ne pas vivre cette expérience comme un échec. Histoire d’une sortie réussie.

Le 1er octobre 2013, Jimmy Burband a repris sa liberté. Il vient de racheter les parts de SNC de son associé après onze ans de vie commune et de participation égale dans le capital d’une pharmacie de Saint-Nicolas-de-Redon (Loire-Atlantique). Leur entente, sans dire qu’elle était exemplaire, s’est passée sans accroc et c’est dans de bons termes qu’ils ont rompu leur association. « Mon associé était content de partir et moi heureux de rester seul… », affirme Jimmy Burband.

Ensemble, ils ont réussi à dynamiser le chiffre d’affaires de l’officine (2,2 M€ aujourd’hui contre 1 M€ au moment de l’acquisition du fonds). « Notre association a tenu tant que nous avions le même défi à relever et les mêmes attentes, mais nous avions conscience que cela pouvait changer avec le temps. C’est pourquoi nous avions fixé, dès le départ, l’objectif de faire un point après cinq ans de vie commune », raconte-t-il.

Des différences de caractère qui pèsent sur l’association

Les deux associés ont passé ce premier cap. Mais, avec le temps, leurs différences de caractère et de personnalité ont fini pas peser sur l’association. « J’ai un esprit de compétiteur et un tempérament à entreprendre plus affirmé que mon associé, beaucoup plus prudent. Je trouvais qu’il n’avançait pas assez vite. »

Les premières tensions au sein de l’association sont donc apparues. Par exemple, Jimmy Burband souhaitait référencer une deuxième, voire une troisième gamme de laits infantiles à prix coûtant afin de doper la clientèle de jeunes mamans. « J’ai proposé de prendre en charge, personnellement, les conséquences financières de cette initiative en cas d’échec, celle-ci s’étant d’ailleurs révélée payante. »

Publicité

Les aspirations respectives des deux associés ont nettement évolué sur les deux dernières années de l’association. « On se tolérait, simplement. J’avais des projets de développement en orthopédie et de réagencement de l’officine qui ne motivaient plus mon associé, se souvient Jimmy Burband. Et, sur un plan personnel, ma vie est ici car j’y ai mes amis et suis impliqué dans la vie sociale, alors que celle de mon associé est ailleurs, près de Nantes. »

Une séparationà l’amiable

C’est donc logiquement que les deux associés se sont séparés, mais dans de bonnes conditions financières pour chacun. « J’ai racheté ses parts après que le fonds a été évalué à 80 % du chiffre d’affaires TTC, ce qui lui permet de se projeter sur une nouvelle acquisition. Compte tenu que le chiffre d’affaires progresse toujours, mon prix d’achat va se minorer dans le temps. ».

Jimmy Burband et son associé n’ont pas eu besoin de recourir au règlement intérieur de la SNC, qui fixe les règles de sortie, ni à un tiers mandaté pour arbitrer la cession de parts. « Notre expert-comptable s’est chargé de tout, y compris de la transformation, après cession, de la SNC en SELARL à l’IS », précise-t-il. Jimmy Burband a immédiatement recruté un adjoint pour combler le départ de son associé, procédé à une réorganisation de l’officine et confié les tâches administratives dont il s’occupait à son personnel. Pour mieux se consacrer à ses nouveaux projets.