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Les troubles digestifs
Près de sept Français sur dix souffrent de troubles digestifs. Les gastrites et les ulcères arrivent en première ligne. Une règle est essentielle : manger lentement, en mastiquant.
Les gastrites
Inflammations aiguës ou chroniques de la muqueuse gastrique, les gastrites peuvent entraîner une atrophie de la muqueuse ou une hypersécrétion de suc gastrique. Elles sont douloureuses.
– Le régime
Il obéit à des règles diététiques communes à toutes les maladies de l’estomac.
En premier lieu, mieux vaut fuir les repas gras et difficiles à digérer, à l’exception des aliments contenant des acides gras polyinsaturés qui accroissent la résistance de la muqueuse de l’estomac. Le sel a plutôt tendance à agresser les cellules superficielles. Il doit être utilisé au moment de la cuisson et non dans l’assiette sinon il provoque une hypersécrétion gastrique. Les protéines animales favorisent la cicatrisation.
– Votre conseil
Bien mastiquer les aliments.
Les boissons ne doivent être ni trop abondantes, ni trop fraîches : le froid entraîne des contractions inutiles de l’estomac. Cela dit, les boissons ou aliments trop chauds peuvent eux aussi altérer la muqueuse. Il ne faut donc pas mélanger les aliments froids et chauds. Le café, le thé, les sodas, les colas, les épices, la moutarde, le vinaigre, le piment, le poivre, la harissa et les alcools forts sont à éviter. Et plus particulièrement le café ou thé au lait car leurs tanins transforment la caséine du lait en gros grumeaux indigestes.
L’ulcère
L’acidité du bol alimentaire, mais aussi Helicobacter pylori peuvent en être responsables. L’ulcère se manifeste par des douleurs à l’estomac qui surviennent à jeun. Elles sont en principe calmées par l’alimentation mais reviennent en force une fois que l’effet tampon des aliments s’est amenuisé.
– Le régime
Il privilégie les aliments « doux » : les flans ou crèmes à base d’oeufs, les biscottes, les compotes de fruits frais (éviter les agrumes), les purées de légumes frais, les produits laitiers (les fromages blancs, les petits-suisses ont un effet tampon). Les aliments irritants doivent être, au moins temporairement, écartés et réintroduits ensuite avec modération.
– Votre conseil
Le tabac, l’alcool et le café sont à reléguer aux oubliettes.
Le reflux gastro-oesophagien
Le contenu acide de l’estomac remonte et entraîne des brûlures de la muqueuse de l’oesophage.
– Le régime
Les repas doivent être fractionnés et peu copieux (préférer 5 petits repas à 3, tout en gardant la même quantité totale d’aliments).
Les boissons gazeuses, le pain frais, les féculents et les légumineuses qui fermentent dans l’estomac sont déconseillés. Les boissons trop chaudes ou trop froides, les aliments trop sucrés ou trop salés, l’alcool, le tabac, le café fort, les épices, les aliments acides (vinaigre, citron, pamplemousse, tomate) sont trop irritants. Les aliments gras, les charcuteries, les pâtisseries retardent la digestion. Les viandes dures, les poissons fermes (thon, sardine), les croûtes de pain, les chips sont difficiles à digérer.
– Votre conseil
Eviter les liquides, les potages et purées au dîner car, en diluant le bol gastrique, ils entraînent des remontées acides. L’idéal est de manger trois heures avant de s’allonger. Mieux vaut ne pas se pencher en avant, éviter les fauteuils dans lesquels on se tasse, préférer les chaises à dossier droit.
Les colopathies
Caractérisées par des crampes spasmodiques et des ballonnements, les colopathies sont souvent liées au stress et à une mauvaise alimentation. La diététique permet de mettre l’intestin au repos. La notion de « confort intestinal » ou d’« épargne intestinale » englobe trois repas par jour et une collation dans l’après-midi.
– Le régime
Les repas copieux, les charcuteries, les fromages fermentés, les boissons gazeuses et/ou glacées, les glaces et sorbets, les crudités à la fibre dure et les fruits pas mûrs, les légumes riches en lignine (feuilles de choux ou cosses de petits pois) sont à éviter de même que les aliments favorisant la fermentation (haricots, choux de Bruxelles, salsifis, pain frais…). Thé, chocolat ou café au lait sont à supprimer. Les tanins du thé font précipiter la caséine en grumeaux que les sucs digestifs dissolvent difficilement.
– Votre conseil
En plus des conseils diététiques, les patients peuvent s’exercer à la technique dite de la « respiration profonde ».
Le ventre doit se gonfler à l’inspiration. Cela permet de « masser » la partie supérieure du tube digestif. A chaque inspiration, le diaphragme descend et appuie sur celui-ci.
La constipation
Ce trouble du transit concerne une femme sur deux et un homme sur trois. L’émission de selles se fait moins de trois fois par semaine ou elles sont de petit volume et de petit poids (30-50 g).
– Le régime
-> Première règle : boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour pour hydrater les selles et permettre aux fibres alimentaires de gonfler.
-> Seconde règle : consommer des fibres végétales (pain complet, céréales, fruits, légumes).
Les sucres provoquent au contraire des fermentations et les graisses ralentissent le transit. Les crudités ont tendance à irriter la muqueuse du côlon, c’est pourquoi la consommation de légumes cuits (300 g/j) est préférée. Le riz blanc, le chocolat et la crème de marron ont un effet constipant.
– Votre conseil
Boire un grand verre d’eau fraîche le matin à jeun pour déclencher les sécrétions biliaires.
Prendre trois repas par jour.
La diarrhée aiguë
Phénomène inverse du précédent, il se traduit par des selles trop liquides et/ou trop abondantes émises plusieurs fois par jour. Elles peuvent contenir des débris alimentaires non digérés. La diététique permet de ralentir l’accélération du transit à l’origine de la diarrhée.
– Le régime
Commencer par 6 heures de diète hydrique en consommant de l’eau (sucrée ou non), des tisanes, de l’eau de bouillon de légumes, de l’eau de riz, du cola dégazéifié, du thé peu infusé.
Les patients peuvent ensuite reprendre progressivement une alimentation normale en commençant par des carottes, du riz, des pommes cuites, des coings (riches en pectines).
Lorsque la diarrhée est chronique, il faut éliminer les graisses cuites (ajouter du beurre en fin de cuisson), remplacer les produits laitiers par d’autres au lait de brebis ou de chèvre. Les aliments complets et les légumes secs, responsables de flatulences, doivent être limités au profit de fibres moins agressives (légumes tendres cuits, fruits très mûrs, pelés ou en compote). Les fruits ou aliments à graines (fraises, framboises, pains aux céréales) doivent être évités.
– Votre conseil
A la reprise de l’alimentation normale et des produits laitiers, le patient doit éviter tout excès. Il doit également privilégier les yaourts au bifidus ou au casei bénéfiques sur la flore intestinale.
Les fruits secs, les bananes peuvent compenser d’éventuelles pertes en potassium.
En revanche, le café, les boissons allégées contenant un édulcorant sont à éviter temporairement.
Les nausées
Le patient n’a pratiquement rien mangé depuis deux ou trois jours. Il n’a pas l’impression d’être malade, mais tout l’écoeure.
– Le régime
Prendre des repas légers plusieurs fois par jour en privilégiant les laitages frais, les fruits, les potages et les glaces. Privilégier les plats froids en évitant les graisses, les fritures, les charcuteries, les sucreries, les épices en trop grande quantité.
– Votre conseil
Boire beaucoup, à petites gorgées, mais en dehors des repas : tisanes, eau, jus de fruits…
Proscrire l’alcool.
Maladie de Crohn
Elle implique de suivre un régime pauvre en résidus. A écarter, les fibres (fruits, céréales, légumes), certains amidons (pomme de terre, pain) et les légumes secs.
Les eaux minérales
– En cas de grossesse ou d’allaitement, choisir des eaux riches en calcium : Contrex, Vittel, Hépar, Perrier, Wattwiller, Badoit.
– Pour digérer plus facilement, les eaux bicarbonatées (Badoit, Salvetat, Spa Marie-Henriette, Vichy Célestins et Vichy Saint-Yorre) sont bénéfiques. Leur richesse en sodium doit les réserver à des consommations occasionnelles…
– Pour un effet laxatif, Miers, Hépar, Contrex, Vittel, riches en magnésium.
– Pour les bébés et contre les calculs rénaux, eaux faiblement minéralisées : Volvic, Evian, Spa Reine, Mont Roucous, Valvert.
– Pour préserver les os, eaux calciques et fluorées : Hépar, Contrex, Valmont, Chantereine, Airline, Beaumont, Saint-Amand.
– Pour lutter contre la surcharge pondérale, Hydroxydase, Vittel, Contrexéville.
Cas de comptoir
Bon vivant, monsieur Legrault a des lendemains de fête difficiles. Il vient vous demander des conseils pour sa « crise de foie ».
Le terme de « crise de foie » désigne une maladie imaginaire, même si certains troubles comme une douleur sous les côtes, la nausée, voire les maux de tête après les repas sont bel et bien présents. La sensibilité hépatique peut être due à un mauvais flux biliaire ou à un phénomène d’intolérance alimentaire. Les conseils à prodiguer passent par une diète de 24 heures, une reprise progressive des repas, à heure régulière et en évitant les aliments gras.
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