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Mon chat est malade
Certaines pathologies nécessitent bien sûr l’intervention du vétérinaire, mais un minimum de connaissances permet de reconnaître ce qui peut être pris en charge à l’officine.
Mon chat a des boutons, des croûtes, des plaques d’alopécie…
Le diagnostic et le traitement d’une dermatose sont le plus souvent du ressort du vétérinaire. Parmi les principales causes, trois sont toutefois à connaître.
– La démodécie
Elle est due à un acarien, Demodex cati, qui parasite les follicules pileux. Dans l’espèce féline, cette maladie est beaucoup moins fréquente que chez le chien. Elle provoque généralement des alopécies sur la face et autour des yeux. Les animaux atteints sont le plus souvent âgés ou victimes d’une immunodépression.
– Les teignes
Elles sont responsables de dépilations diffuses ou nummulaires. Généralement non accompagnées de prurit, ces lésions peuvent être associées à diverses atteintes cutanées : kérions, croûtes. Elles peuvent être dues à plusieurs espèces de teignes, la plus fréquente étant Microsporum canis. Ces teignes peuvent se transmettre à l’homme.
Démodécie et teigne relèvent de la consultation vétérinaire.
– La dermatite miliaire féline
C’est un syndrome à l’étiologie variée :
– ectoparasite : puces, petits acariens parasites…
– atopie : elle concerne surtout des chats de moins de deux ans et répond favorablement à des traitements antihistaminiques ou à de la corticothérapie ;
– intolérance alimentaire : elle touche des chats plus âgés et peut être en relation avec des troubles digestifs ;
– carence alimentaire, comme une carence en biotine ou en acide gras ;
– parasitose interne.
Les symptômes consistent en l’apparition de croûtes et de papules sur le dos et la tête. De petits épis de poils apparaissent dans le pelage. Ils s’arrachent facilement et possèdent à leur base une croûte. Ils s’accompagnent parfois de prurit.
Pour rompre le cercle vicieux du prurit, les spécialités à base de corticoïdes per os (Pruritex chat, Féliderm…) sont utilisées, associées à la levée de la cause de la dermatite. Le traitement comprend une phase d’attaque, puis une phase de décroissance de dose.
Si les lésions sont surinfectées, la prescription d’une antibiothérapie adaptée associée à un antiseptique local est nécessaire.
Mon chat a mal aux oreilles
Otodectes cynotis, acarien ectoparasite des carnivores domestiques, est la principale cause des otites du chat. Mieux vaut prévenir que guérir : s’il est difficile de nettoyer les oreilles d’un chat sain, traiter celles d’un chat atteint d’otacariase relève de l’exploit sportif ! L’hygiène des oreilles doit donc être un souci permanent. Différents nettoyants auriculaires peuvent être utilisés : Aurikler, Lait auriculaire Biocanina, Specicare Leoreilles chat, Soin des oreilles Clément… A base d’émulsionnants tensioactifs ou de cérulytiques, ils facilitent le nettoyage du conduit auditif du chat, difficile à atteindre car coudé. En pratique, instiller quelques gouttes en massant la base de l’oreille, laisser le chat se secouer puis essuyer soigneusement le pavillon à l’aide d’un coton ou d’un chiffon doux.
Mon chat a mal aux dents
Le chat adulte possède, par hémimâchoire, trois incisives, une canine, trois prémolaires en haut pour deux en bas et une molaire. Les dents de lait apparaissent dès huit jours. Les premières à percer sont les incisives inférieures. Cette denture est totalement remplacée entre quatre et six mois.
Les chats sont souvent victimes d’affections buccodentaires : stomatites, gingivites, parodontites… Elles peuvent avoir des origines nombreuses et variées (chlamydiose ou insuffisance rénale avec urémie par exemple). Peu de produits d’hygiène sont réellement adaptés au chat : Prozym Félin est un traitement d’hygiène buccodentaire à base de rouleaux de poisson cryodéshydraté. Produit abrasif associé à une enzyme, l’objectif de ce traitement est d’éliminer la plaque dentaire. Cependant, ce type de spécialité n’a qu’un intérêt réduit chez les chats (contrairement au chien), l’origine des lésions buccodentaires étant le plus souvent infectieuse.
Mon chat a avalé trop de poils
Le chat est un animal particulièrement soigneux qui nettoie régulièrement son pelage. Le nettoyage de celui-ci, par léchage, comporte un risque : l’ingestion de poils. En effet, les chats sont régulièrement victimes de trichobézoard, concrétion de poils qui risque d’obstruer le tractus digestif. La prévention consiste en un brossage régulier du pelage afin d’éliminer les poils morts, notamment chez les chats à poils longs (le persan est concerné en premier lieu). On peut également distribuer régulièrement sur l’alimentation de l’huile de paraffine (un jour par semaine par exemple).
Les traitements à base d’ésérine (Féligastryl, Félipurgatyl, Pilocat…) sont destinés à entraîner un accroissement du tonus et du péristaltisme intestinal, ce qui permet l’élimination des poils. Ce traitement est contre-indiqué chez les femelles gestantes. Il peut être conseillé à titre préventif une fois par mois en cas de troubles chroniques, ou ponctuellement chez un chat qui vomit s’il n’y a pas d’autres signes cliniques et pas d’altération de l’état général.
Mon chat a une cystite
Le syndrome urologique félin est une cystite qui possède une étiologie variée : alimentation, mode de vie (sédentarité), état d’embonpoint (obésité)… Il peut être obstructif ou non. Il touche principalement les jeunes adultes et surtout les mâles castrés. Cette cystite peut concerner les chats plus âgés lors de tumeurs ou de traumatismes. Les symptômes sont une dysurie, une hématurie, une pollakiurie. Les cas graves, notamment obstructifs, nécessitent parfois une opération chirurgicale en urgence. Dans les autres cas, des examens complémentaires doivent être mis en place pour apprécier l’impact métabolique de l’affection.
Le conseil à l’officine est surtout préventif : respect d’une alimentation spécifique, à faible teneur en phosphore et à teneur réduite en protéines mais de qualité élevée.
Mon chat a des troubles digestifs
Une diarrhée ou une constipation sans altération de l’état général peut être d’origine parasitaire, et il est alors conseillé de vermifuger l’animal si cela n’a pas été fait récemment.
Le chat peut souffrir de gastroentérite. S’il est correctement vacciné contre le typhus, un traitement symptomatique peut être proposé à base de pansement intestinal ou d’antiseptique (Diarkan, Opodiarrhée, Gastro-intestinal Clément…).
Toute diarrhée avec fièvre et altération de l’état général chez un chat non vacciné nécessite l’intervention du vétérinaire en urgence.
Mon chat est enrhumé
Un chat ayant le nez qui coule et souffrant de larmoiements peut être atteint du coryza du chat ou de chlamydiose. S’il n’est pas vacciné contre ces maladies, mieux vaut le diriger vers le vétérinaire. Si ses vaccinations sont à jour, vous pouvez proposer un traitement symptomatique à base d’inhalations. Le chat doit être installé dans son panier (fermé) avec à côté de lui un bol d’eau chaude additionnée de quelques gouttes d’huile essentielle de romarin ou d’eucalyptus. Le tout est recouvert d’une couverture et le chat respire ainsi les fumigations pendant une dizaine de minutes. A répéter une fois par jour jusqu’à guérison.
Associer un nettoyage régulier des sécrétions lacrymales à l’aide d’une compresse imprégnée (Biophtal, Ocryl, Option, Leophtalmo…).
Les maladies graves
– La péritonite infectieuse féline est une maladie mortelle à 100 % lorsqu’elle s’exprime cliniquement. Il n’existe ni vaccin ni traitement efficace. Les chats sont contaminés par des congénères excréteurs chroniques, soit directement lors de contacts étroits, soit par du matériel contaminé et non désinfecté. En effet, le virus résiste très mal dans le milieu extérieur et il est très sensible aux désinfectants usuels. Cette coronavirose s’exprime de façon classique par une péritonite exsudative : d’où un épanchement important dans la cavité abdominale. C’est essentiellement une affection de groupe, heureusement peu contagieuse. Le pronostic est extrêmement défavorable, notamment en cas d’atteinte nerveuse ou de perte d’appétit. Il n’existe pas de traitement efficace.
– L’infection par le FIV est transmise dans la majorité des cas par la salive lors de morsures. Le virus, un Lentivirus, s’attaque alors aux cellules porteuses du récepteur CD4 (lymphocyte principalement et un peu macrophage). Il entraîne une lymphadénopathie généralisée. Avec l’effondrement du système immunitaire apparaissent des infections bactériennes, puis des infections opportunistes. Les localisations préférentielles sont la bouche (gingivites, périodontites…) puis l’arbre respiratoire supérieur. Il n’existe ni traitement ni vaccin.
– L’hémobartonellose féline est due au seul parasite sanguin du chat en France métropolitaine (Hemobartonella felis). Cette rickettsie, après transmission par morsure, par griffure ou par le biais d’insectes piqueurs (vecteurs passifs : puces, tiques), parasite les hématies et provoque une anémie hémolytique (normochrome, normocytaire et régénérative). Les symptômes regroupent anorexie, abattement, hyperthermie, muqueuses pâles, polypnée… L’apparition de la maladie est souvent liée à une immunodépression due au FeLV ou au FIV. Les traitements peuvent donc permettre une amélioration de l’état général, mais la guérison complète est rare.
Les « délicaments » ou comment ruser avec un chat…
Depuis que l’on soigne des chats, une question se pose : comment faire avaler un comprimé à son minou ? Le chat est en effet peu enclin à avaler facilement un traitement.
Soit on ruse : camouflage du médicament dans un aliment, mais le chat, très gourmet, risque de le recracher (à l’insu de son propriétaire !), de trier, si la présentation est entière, ou de refuser l’aliment si le comprimé est dispersé.
Soit on utilise la force avec tous les risques que cela comporte, pour le propriétaire comme pour l’animal !
D’où l’idée de proposer des médicaments qui seraient « délicieux » et donc absorbés aisément par le félin d’habitude rétif. En un mot : des « délicaments » (Mégépil chat…).
En attendant la généralisation de ces présentations « gastronomiques », une petite astuce peut être tentée : écraser le comprimé, le mélanger à un peu de beurre et l’appliquer sur la patte du chat qui par son instinct de léchage va ingurgiter le médicament. Même chose pour les pâtes ou formes sirops…
Phéromones d’apaisement émotionnel
Lorsque le chat se frotte la face contre des objets de son entourage, il dépose des phéromones faciales qui identifient l’objet comme apaisant.
D’où l’idée d’une solution de phéromones à vaporiser (Felifriend, Feliway…) pouvant être utilisée dans différentes situations :
– sécuriser le chat lors d’une manipulation, d’une cohabitation avec un autre animal ou d’un transport en cage. L’application se fait suivant les cas dans le creux de la main de l’utilisateur, sur les flancs de l’animal ou dans la cage ;
– lutter contre les griffures de l’habitat. Pulvériser sur la surface totale de la zone griffée ;
– éviter et stopper le marquage urinaire. Le chat mâle non castré marque son territoire par des dépôts d’urine quotidiens. L’odeur très forte de ces émissions peut constituer une gêne pour le propriétaire. Feliway peut être pulvérisé sur les zones souillées une fois par jour ; il entraîne l’interruption du marquage urinaire au bout de 8 à 12 jours.
Cas de comptoir
La chatte de madame Korn présente des épis dans son pelage. Lorsque la propriétaire tire dessus, ils s’arrachent et on peut observer une croûte à la base. Que lui conseillez-vous ?
La chatte de madame Korn est victime de dermatite miliaire. Les étiologies sont variées mais il convient dans un premier temps d’éliminer les causes parasitaires. Un traitement complet contre les parasites internes et externes devra donc être mis en place. En cas de récidives ou de surinfections des lésions, madame Korn devra consulter son vétérinaire traitant pour identifier précisément la cause exacte de ce syndrome.
Marquage électronique : Une nouvelle race de puce ?
– Une puce un peu particulière va-t-elle envahir les chats dans les prochaines années ? Peut-être… si la puce électronique de marquage finit par remplacer le traditionnel tatouage !
– L’identification électronique par radiofréquence est en effet une méthode fiable de marquage : un transpondeur, sorte de petite capsule en verre incassable de la taille d’un grain de riz, est implanté sous la peau grâce à un injecteur, généralement au niveau du cou de l’animal. Ce geste est indolore et ne nécessite donc pas d’anesthésie (contrairement au tatouage).
– Le lecteur, approché à quelques centimètres de l’animal, affiche le code du transpondeur grâce à l’émission d’ondes radio de basse fréquence. Le numéro d’identification, répertorié dans une base de données, permet d’identifier à coup sûr tout animal perdu ou volé.
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