Phéochromocytome : Les médicaments qui le révèle

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Publié le 23 mai 2003
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Un phéochromocytome – tumeur bénigne ou maligne qui produit, stocke et sécrète des catécholamines – peut être découvert après la prise de certains médicaments. Face à une crise hypertensive paroxystique associée à des sueurs profuses et des céphalées, encore faut-il penser à ce diagnostic et aux causes déclenchantes d’origine médicamenteuse. Le métoclopramide est le médicament révélateur le plus connu mais pas le seul. D’autres neuroleptiques (sulpiride, dropéridol) ont aussi pour contre-indications les « phéochromocytomes connus ou suspectés ». Les bêtabloquants sont quant à eux contre-indiqués en cas de « phéochromocytome non traité » ; et la pression artérielle doit être étroitement surveillée lorsqu’une telle molécule est utilisée pour soigner l’hypertension d’un patient ayant un phéochromocytome traité. En revanche, malgré des cas rapportés après la prise d’inhibiteurs non sélectifs de la monoamine-oxydase, d’antidépresseurs imipraminiques (imipramine, désipramine, clomipramine, amitriptyline) ou encore d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (paroxétine, fluoxétine), aucune mise en garde n’apparaît dans leurs monographies. Des curares et des morphiniques (péthidine) ont également révélé des phéochromocytomes. L’arrêt du médicament déclencheur ne suffit pas à normaliser la poussée hypertensive. Un alphabloquant et l’ablation de la tumeur permettent une évolution favorable.

Source : « Prescrire », mai 2003, tome 23, n° 239.

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