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La délivrance à l’unité au banc d’essai
En marge des mesures d’économies prévues dans le PLFSS 2014, le gouvernement veut lutter contre la surconsommation de médicaments et le gaspillage, en expérimentant la dispensation des produits à l’unité dans les officines. La FSPF ne dit pas non, l’USPO se montre réservée et le Leem ne veut pas être oublié.
L’expérimentation sur la dispensation à l’unité portera dans un premier temps sur des médicaments ciblés, comme certains antibiotiques « critiques ». La vente de médicaments à l’unité sera testée dans certaines régions et pharmacies dès l’année prochaine, sur la base du volontariat, avant d’être généralisée à tout le territoire d’ici deux ans si le test est concluant. « Elle peut aussi aller plus loin et déboucher sur la préparation des doses à administrer pour résoudre les problèmes d’observance chez les personnes âgées tout en les maintenant à leur domicile », précise Philippe Gaertner, président de la FSPF, qui se dit prêt à accompagner cette expérimentation à visée de santé publique tout en reconnaissant que cela sera compliqué sur le plan technique.
Gilles Bonnefond, président de l’USPO, se montre plus réservé et ne veut pas se laisser embarquer vers une généralisation de la délivrance à l’unité. « Telle qu’elle est présentée, cette expérimentation laisse entendre que nous donnons trop de médicaments à nos patients », lâche-t-il. Pour lui, c’est la non-observance des prescriptions de médicaments qui provoque le gaspillage et non le conditionnement. « La vente en vrac ne fera pas faire d’économies, affirme-t-il. En revanche, il faut travailler avec le médecin sur le respect de l’AMM et s’assurer que le nombre de jours supplémentaires d’antibiotiques qu’il prescrit au-delà de la durée normale correspond bien à une volonté de sa part. »
Au Leem (Les Entreprises du médicament), la réaction est tout aussi dubitative. Plus adapté à l’hôpital, « ce dispositif permettra-t-il de garantir la bonne observance du traitement par le patient et la traçabilité des médicaments (alors que l’industrie est engagée dans un processus de marquage à la boîte), mais aussi de lutter contre les médicaments contrefaits », s’interroge Philippe Lamoureux, directeur général, qui espère toutefois être dans la « boucle » de cette expérimentation.
Définir les conditions d’expérimentation
En tout cas, la réponse ne pourra pas être industrielle dans la mesure où les usines de conditionnement sont souvent hors de France et produisent pour tous les pays d’Europe. La tâche reviendra donc au pharmacien de délivrer au patient la quantité exacte et suffisante selon le schéma posologique et la durée prescrits par le médecin. Les conditions de cette expérimentation restent à définir. Philippe Gaertner ne souhaite pas aller vers un système de délivrance analogue à celui des stupéfiants. Va-t-on découper des blisters ? Remettre des unités dans les alvéoles ? Y aura-t-il un nouvel emballage avec une notice et des éléments de traçabilité ? « Il faut d’abord solutionner les contraintes techniques dans un cadre complètement sécurisé qui puisse garantir la traçabilité puis apprécier la rémunération du pharmacien, précise-t-il. Mais il est exclu que l’officine se retrouve avec des boîtes entamées qui mettent en péril son économie. »
Un PLFSS d’austérité
Le PLFSS envisage de réduire de 3,4 Md€ le déficit de la Sécurité sociale en 2014, et, rien que pour l’assurance maladie, le gouvernement a déjà indiqué qu’il tablait sur 2,4 Md€ d’économies. C’est désormais une habitude, le poste médicament ne sera pas épargné et contribuera aux économies par des baisses de prix : 960 millions d’euros pour la ville et hôpital, dont 260 millions pour les médicaments sous brevet et 410 millions pour les médicaments inscrits au Répertoire des génériques. 440 millions d’euros d’économies sont attendus sur l’hôpital et 120 millions sur les dispositifs médicaux. De leur côté, les actions de maîtrise médicalisée des dépenses rapporteront 600 millions.
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