Antibiotiques : Les prescriptions étaient en baisse depuis 1992 !

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Publié le 22 janvier 2005
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Les campagnes sur le bon usage des antibiotiques ont accéléré le mouvement. Mais la baisse des prescriptions chez les généralistes était déjà amorcée depuis 1992. C’est ce qui ressort de la lecture de l’étude menée sur dix ans, entre 1992 et 2002, par l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES).

Si la diminution des prescriptions est de 16 % depuis 2002 et la première campagne grand public « Les antibiotiques, c’est pas automatique », elle était déjà de 11 % entre l’hiver 1996/1997 et l’hiver 2002/2003. Depuis 1992, le mouvement s’accompagne également d’une modification dans l’utilisation des classes d’antibiotiques : les pénicillines perdent du terrain (de 40 % à 32 % des prescriptions en dix ans) au profit de la classe des macrolides (de 18 % à 26 %), qui s’est enrichie, courant 1994, de nouveaux antibiotiques.

Les quinolones ont pris un peu de poids, passant de 5 % à 6,5 % du total des prescriptions sur la même période.

Une baisse insuffisante.

Pour les auteurs de l’étude, c’est le résultat « des effets conjugués de différents facteurs » : campagnes nationales sur le bon usage des antibiotiques, recommandations professionnelles, croissance des résistances aux antibiotiques classiques…

« Dans les pathologies pour lesquelles elles ont été mises en place, les recommandations de bonnes pratiques semblent désormais être respectées dans la majorité des cas », insiste l’enquête. Pour les otites moyennes, dont les conférences de consensus ont établi la nécessité de traitements antibiotiques, les céphalosporines de troisième génération, préconisées en première intention, ont ainsi pris le pas sur les pénicillines. Quant aux sinusites, l’utilisation des céphalosporines progresse en dix ans (de 43 % à 51 %), au contraire des pénicillines.

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Les chiffres sont révélateurs d’une prise de conscience moins récente qu’il n’y paraît. Mais ils montrent surtout que le chemin a été long. Malgré les premières vagues de baisse, la France était encore, en 2001, championne toutes catégories de la consommation d’antibiotiques en Europe. Et elle le reste encore aujourd’hui.