Moselle : Un pharmacien poursuivi

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Publié le 21 janvier 2006
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Refus délibéré de délivrance, simple dysfonctionnement ou incompréhension mutuelle et réciproque ayant entraîné une altercation et l’intervention de la gendarmerie ? L’enquête faisant suite aux plaintes déposées par la mère de la mineure et le pharmacien le dira.

Le 31 décembre dernier, une habitante de la commune de Vigy (1 300 habitants), en Moselle, mère d’une adolescente de 15 ans, portait plainte auprès de la gendarmerie contre le titulaire de l’officine locale pour « refus de délivrer la pilule du lendemain, abus de pouvoir et défaut de confidentialité en contravention avec son éthique professionnelle ».

En réponse, le pharmacien, par ailleurs maire de la commune, déposait aussitôt une plainte pour « agression et insultes publiques ».

Les faits remontent à quelques jours plus tôt, lorsque la jeune fille se présente à la pharmacie pour s’y procurer la « pilule du lendemain ». La collaboratrice de l’officine demande à l’adolescente de payer ce produit. Celle-ci refuse et revient plus tard, accompagnée de son ami, mineur également, pour faire valoir ses droits auprès du titulaire qui déclare alors ne plus disposer de cette fameuse pilule.

Le pharmacien appelle la gendarmerie.

« La boîte avait été mise de côté et je ne l’ai pas trouvée sur l’instant », se justifie-t-il après coup. Mais la réponse du titulaire provoque l’énervement des deux mineurs qui l’interprètent comme un nouveau refus. Se sentant alors agressé et insulté, le pharmacien appelle la gendarmerie qui emmène les deux mineurs à la brigade. « J’y ai retrouvé ma fille traumatisée et d’autant plus désemparée qu’elle ne m’avait pas mise dans la confidence de sa relation amoureuse », rapporte la mère.

Après avoir alerté le Conseil de l’Ordre de cet événement, la mère de famille décidait de déposer une plainte. Monique Durand, présidente de l’Ordre régional, espère que l’enquête va apporter des précisions. « L’expérience m’a appris à ne pas porter d’appréciation hâtive dans ces dossiers sensibles. Peut-être s’agit-il d’une simple incompréhension mutuelle qui dégénère ou d’un dysfonctionnement de l’officine », déclare-t-elle, soulignant que depuis son élection en 2001 à la présidence régionale elle n’a encore eu à connaître aucun cas de ce type, malgré un abondant courrier de patients mécontents.

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Monique Durand rappelle que la délivrance gratuite aux mineures doit s’accompagner d’un entretien au cours duquel le praticien doit donner des conseils et des explications.