Bilan de la nouvelle rémunération

Réservé aux abonnés
Publié le 1 juillet 2015
Par Francois Pouzaud
Mettre en favori

La société OffiSanté a réalisé sur un échantillon représentatif de 1 700 pharmacies un bilan réel de l’impact de la nouvelle rémunération pour le premier trimestre 2015. Résultats.

Quels sont les principaux enseignements à retenir ?

Si on ne considère que la nouvelle méthode de rémunération (marge + honoraires), presque tout le monde est gagnant (94 %), avec une moyenne à + 860 € et un écart qui va de – 8 000 € à + 6 600 € pour les cas extrêmes. Ceux qui perdent, c’est surtout à cause des produits chers (anticancéreux…) et ceux qui gagnent ont de forts volumes en produits peu chers (paracétamol).

Si on inclut les baisses de prix, tout le monde est perdant (99,6 %), avec une moyenne à – 1 500 €. La réforme ne suffit donc pas à compenser les baisses de prix. Les grands perdants (jusqu’à 10 000 € sur trois mois) sont des pharmacies avec un très fort taux de patients chroniques. Le seul gagnant (360 €) est une pharmacie de gare qui ne fait ni médicament cher ni patient chronique mais beaucoup de paracétamol. Le médicament ne pèse d’ailleurs que 20 % de son CA… Elle est très atypique !

Ce bilan, assez conforme à celui dressé par les syndicats, a-t-il réservé quelques surprises ?

Oui, sur l’honoraire pour ordonnance complexe. Cet honoraire était censé protéger les pharmacies éthiques qui traitent des patients multipathologiques chroniques. Le bilan global est très surprenant : les baisses de prix prioritairement visées par l’assurance-maladie concernent justement cette typologie de patientèle et, au final, les honoraires ne compensent pas les baisses de prix. On a même une très forte corrélation : ceux qui bénéficient le plus des ordonnances complexes sont aussi ceux qui perdent le plus ! Les 10 % qui font le plus d’ordonnances complexes ont finalement perdu 2 400 € en moyenne, contre 1 400 € pour les autres du fait des baisses de prix.

STATISTIQUES DE Nicolas Buglio DIRECTEUR D’OFFISANTÉ

Publicité