L’HE de marjolaine à coquilles

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Publié le 12 mars 2016
Par Chantal Ollier
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Quelle est son origine ?

• L’HE de marjolaine à coquilles est obtenue par entraînement à la vapeur d’eau des sommités fleuries fraîches de Origanum majorana L. (Lamiaceæ).

• Présente dans toutes les régions méditerranéennes et en Turquie, cultivée en Europe Centrale, la marjolaine à coquilles ou marjolaine des jardins est une plante vivace à tige quadrangulaire ramifiée, de couleur brun rougeâtre, de 50 cm de haut environ. Les feuilles opposées, ovales, entières et de petite taille sont recouvertes de poils sur les deux faces. Les fleurs, blanches à rose pâle, sont regroupées en corymbes à l’extrémité des rameaux et insérées à l’aisselle de bractées concaves, d’où son nom de marjolaine à coquilles. Toute la plante est fortement aromatique.

Quelle est sa composition ?

L’HE de marjolaine à coquilles est un liquide jaune pâle à jaune foncé, d’odeur spécifique à la fois verte et terreuse. Elle contient 4 classes principales de composants :

– alcools terpéniques : terpinène-4-ol (souvent majoritaire : 6,5 à 25,5 %), thuyanol-4 (8 à 20 %), alphaterpinéol, linalol ;

– esters monoterpéniques : acétate de linalyle (jusqu’à 10 %) ;

– monoterpènes : limonène, sabinène, alpha- et gammaterpinène ;

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– selon les conditions de distillation : hydrates de sabinène.

Quelles sont ses propriétés ?

L’HE de marjolaine à coquilles est reconnue :

– nettement antibactérienne, antivirale (virus de l’herpès) et antifongique (alcools monoterpéniques et monoterpènes) ;

– sédative et calmante nerveuse importante (alcools et esters monoterpéniques) ;

– tout en étant neurotonique (monoterpènes en quantité à peu près équivalente aux alcools monoterpéniques) ;

– spasmolytique (alcools et esters monoterpéniques).

Quelles sont ses utilisations ?

• C’est l’HE de choix pour tous les cas de dystonies neurovégétatives car elle permet de rétablir l’équilibre nerveux : troubles respiratoires (toux spasmodiques), cardiovasculaires (palpitations, hypertension, extrasystoles), digestifs (aérophagie, dyspepsie, flatulences), nerveux (anxiété, déprime, stress, irritabilité, agitation).

• Elle est employée dans les infections diverses (en particulier respiratoires) et contractures musculaires.

Quelles sont les doses efficaces ?

L’HE de marjolaine s’emploie :

– diluée en application locale sur la peau (crampes, bronchite) et en application sur la voûte plantaire, la face interne des poignets, le plexus solaire pour les indications nerveuses : 3 gouttes d’HE dans 5 gouttes d’huile végétale à répéter si besoin ;

– par voie orale en cas de troubles d’origine nerveuse : 3 à 5 gouttes au maximum (120 à 200 mg) par jour dans du miel ou une huile végétale sans dépasser 5 à 7 jours ;

– elle s’emploie également en diffusion atmosphérique.

Quels sont ses risques ?

• L’HE de marjolaine est déconseillée durant la grossesse ainsi qu’en cas d’allaitement et chez l’enfant de moins de 3 ans.

• Elle peut être irritante à l’état pur et s’emploie diluée sur la peau.

Sources : D. Baudoux, L’aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles, Ed. Amyris, 2009 ; F. Millet, Le Grand Guide des huiles essentielles, Marabout Référence, 2014 ; E. Teuscher, R. Anton, A. Lobstein, Plantes aromatiques, Ed. Tec et Doc, Paris, 2005 ; R. Tisserand, R. Young, Essential oil safety, Elsevier Ed., 2014 ; A. Zhiri, D. Baudoux, Huiles essentielles chémotypées, Ed. Inspir, Luxembourg, 2007.

ATTENTION AUX CONFUSIONS !

L’HE de marjolaine à coquilles dite douce ne doit pas être confondue avec :

– des HE provenant d’autres chémotypes de marjolaine : Origanum majorana CT thuyanol dont la composition est proche de celle du thym à thuyanol et la marjolaine dite sauvage (Origanum majorana) dont on distingue un chémotype à carvacrol et l’autre plus rare à linalol ;

– l’HE de marjolaine sylvestre ou HE de marjolaine d’Espagne (Thymus mastichina) qui contient environ 50 % de 1,8-cinéole et 6 à 9 % de camphre.