Ce que vous retenez des années Touraine

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Publié le 19 mai 2017
Par Francois Pouzaud
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J’ai beaucoup de mal à défendre son bilan, en particulier sur le volet économique. Au cours de son mandat, Marisol Touraine ne s’est pas imposée à mes yeux comme un ministre de la Santé ouvert à la discussion. Certes, les actions qu’elle a menées n’ont pas été destructrices pour la pharmacie et elle nous a défendus pour empêcher l’ouverture du monopole. Mais hormis les entretiens pharmaceutiques, il n’y a pas eu de grandes avancées, que des petits pas. La profession est toujours dans l’attente de la publication de certains textes nécessaires à l’exercice officinal introduits par la loi HPST, tel que le décret sur la PDA. Et sur la vaccination, nous sommes seulement passés de la phase d’incantation à celle de l’expérimentation.
Philippe Damon, Le Rheu (Ille-et-Vilaine)

Des années Touraine, on peut déjà retenir sa longévité : elle a occupé son poste pendant un quinquennat complet et n’a pas été un si mauvais ministre de la Santé. Elle a aidé la profession à éteindre l’incendie en 2014 sur le monopole, à la suite de la fronde des pharmaciens, et tenu son rang pour faire avancer la coordination des soins. Je suis assez satisfait de sa loi santé qui a permis de repositionner le pharmacien au sein des professionnels de santé. On peut retenir aussi sa campagne d’information sur le générique, mais elle ne résout pas le problème de la prescription des génériques qu’il aurait fallut rendre obligatoire. Je remarque aussi qu’au cours de son mandat, il y a eu peu de déremboursements. En revanche, nous avons été laminés par les baisses de prix. Et pour y faire face, nous n’avons eu que des mesurettes !
Jean-Marc Veryepe, Saint-Venant (Pas-de-Calais)

Avec Marisol Touraine, le réseau des officines a été globalement affaibli par les baisses de prix. L’année dernière, elle a tardé à donner sa feuille de route au directeur général de l’Assurance maladie, reportant ainsi le démarrage des négociations conventionnelles en pleine période électorale, ce qui explique aujourd’hui qu’aucun accord n’a pu être trouvé sur un nouveau modèle économique. Avec la loi santé, notre ministre a posé des jalons pour permettre à la profession de muter vers les missions et les services, mais sans s’engager sur une enveloppe financière. Ce n’est pas cohérent et acceptable pour nos entreprises. Les missions et services sont chronophages. Si nous les réalisons sans être correctement rémunérés, ou si c’est pour être payé tardivement, je n’en vois pas l’intérêt.
Eric Ledoux, Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais)