Vers l’élimination définitive de l’hépatite C

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Publié le 7 avril 2018
Par Anne Drouadaine
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L’année 2017 avait été une année marquante dans le traitement de l’hépatite C avec l’annonce de l’accès, pour tous les patients atteints, aux traitements innovants. La mise à disposition en ville des antiviraux d’action directe sur le virus de l’hépatite C était l’étape suivante. Cinq spécialités sont d’ores et déjà disponibles (Maviret, Sovaldi, Harvoni, Epclusa, Vosevi) et d’autres sont encore attendues. Le choix de la spécialité est réalisé en fonction de plusieurs critères, dont le génotype du virus en cause, le statut naïf ou déjà traité du patient et la présence ou non d’une cirrhose. La durée du traitement va ainsi de 8 à 24 semaines. Si la question de l’efficacité de ces antiviraux d’action directe n’a jamais été mise en cause, celle de leur prix a été le principal frein à leur dispensation. Il est désormais fixé à un montant de 28 848,24 € pour une cure de 8 semaines pour Maviret ou Vosevi, un montant comparable entre les différentes spécialités (29 693,10 € pour une cure de 12 semaines de Sovaldi).

Autre point commun de ces spécialités inscrites sur liste I, les conditions de dispensation : leur prescription doit être hospitalière et est réservée aux spécialistes en gastro-entérologie et hépatologie, en médecin interne ou en infectiologie. Des conditions qui pourraient cependant évoluer, à la demande de l’AFEF (Association française pour l’étude du foie) notamment, le gouvernement ayant indiqué vouloir renforcer l’accès aux traitements de l’hépatite C par le biais d’une prescription ouverte « à de nouveaux prescripteurs » en favorisant les réseaux ville-hôpital. Pour y parvenir, la société savante, préconise un parcours simplifié de prise en charge de l’hépatite C avec prescription d’antiviraux à action directe pangénotypiques en médecine générale (Maviret, Vosevi, Sovaldi et Epclusa).

Mais cette extension de prescription n’est qu’un des leviers annoncés lors de la présentation de la stratégie nationale de santé, lundi 26 mars, pour atteindre l’objectif d’élimination de l’hépatite C d’ici à 2025. Le gouvernement prévoit également de « renforcer la prévention pour toucher les publics prioritaires et éloignés du système de santé », mais aussi de « renforcer le dépistage par test rapide d’orientation diagnostique dans une approche combinée VIH, VHC, VHB ».§

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