Des collyres à ne pas perdre de vue

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Publié le 23 juin 2018
Par Francois Pouzaud
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Le marché des collyres conseil ne figure pas dans le haut du pavé des segments de l’OTC. Sa taille reste même modeste et, dans sa segmentation, les évolutions sont contrastées. Sur le segment de l’œil sec et de l’œil irrité, la marge de progression est donc encore importante.

D ans le domaine de l’ophtalmologie conseil, l’innovation boude les médicaments et privilégie les dispositifs médicaux. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces derniers sont plus faciles à commercialiser pour un retour sur investissement bien meilleur. « La progression du marché en valeur s’explique par le dynamisme du segment de l’œil sec qui est d’ailleurs porté par l’innovation et le lancement de plusieurs dispositifs médicaux », indique Julie Chevalier, chef de gamme OTC chez Chauvin, Bausch & Lomb. Le prix public d’un collyre avec AMM va osciller entre 4 € et 6 €, alors que le dispositif médical est vendu entre 10 € et 12 €. » On comprend dans ces conditions que ce segment soit le plus dynamique du marché de l’œil (+ 24 % en volume en 2017). C’est aussi le deuxième plus gros marché ophtalmique (20,9 % du marché, 9,6 M€, source : fabricants), derrière les collyres antiseptiques (26%, 12 M€) mais devant les collyres anti-irritants (14 %, 6,4 M€) et les antiallergiques (9 %, 4,1 M€). Bausch & Lomb est leader sur le marché de l’œil sec avec la gamme Aqualarm (45,1 % de parts de marché). Une position renforcée avec les lancements d’Aqualarm intensive spray et Aqualarm triple action, un dispositif indiqué dans les sécheresses oculaires sévères. Chez Horus Pharma, le flacon multidoses de 10 ml Vismed tire son épingle du jeu grâce à la notoriété de la marque acquise par la prescription (la présentation à 15 ml est en effet remboursable), et figure à la 5e place des ventes conseil en chiffre d’affaires.

Les investissements publicitaires de Reckitt Benckiser Healthcare, avec la présence d’Optone sur le petit écran, contribuent également à l’essor de ce segment, mais au-delà à mieux faire connaître le syndrome de l’œil sec. « Cette pathologie est mal identifiée par les Français, beaucoup en souffrent sans le savoir, elle est aussi liée à d’autres pathologies oculaires qui font l’objet de consultations médicales. Mais souvent les collyres contre la sécheresse oculaire ne sont pas prescrits en complément d’autres traitements, il y a donc un potentiel de développement important de ce marché en officine », explique Julie Chevalier. De plus, selon une étude mentionnée par le leader du marché, 75 % des Français sont exposés à la sécheresse oculaire, du fait du travail sur écran, des expositions aux poussières et surtout de l’âge (l’inconfort est majoré à partir de 55 ans).

Fortunes diverses

Sur le segment des antiseptiques, Désomédine règne en maître (75 % de parts de marché) sur un marché en légère progression (+ 2 % en volume), ses dauphins étant Sédacollyre et Biocidan. « Face à un œil infecté, il y a encore un fond de craintes des équipes à exercer leur conseil », observe Julie Chevalier. La formation reste donc la pierre angulaire du développement de ce segment.

Sur le marché saisonnier des collyres antiallergiques, la saison 2017 a été timorée, à l’origine d’un marché plat (- 0,1 % en volume). Leader avec 52,7 % de parts de marché, Allergiflash évolue à contre-sens du marché (+ 7 % en volume). Grâce à son action quasi immédiate, ce médicament du top 5 reprend ses distances sur les collyres à base de cromoglycate, moins rapides d’action.

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Enfin, sur le marché stable des collyres contre l’irritation et la gêne oculaire, Homéoptic est bien accroché à sa deuxième place (en valeur et en volume). Chargée des relations extérieures de Boiron, Dominique Michaudon est confiante dans l’avenir de l’unique référence ophtalmique du laboratoire : « La recherche de solutions naturelles et sans risque est une tendance forte. »