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Nos bons plans pour un regroupement intelligent
La tendance aux regroupements se poursuit. Si leurs avantages sont indéniables, ce n’est pas pour autant qu’il faut s’engager dans une fusion tête baissée. Voici quelques précautions qui peuvent vous éviter de nombreux désagréments.
Sur 193 fermetures d’officines en France métropolitaine en 2017 (+ 2,7 % vs 2016), 29 % sont issues de regroupements contre 18 % un an plus tôt. La quasi-totalité de ces regroupements intervient sur des territoires en surdensité officinale sur lesquels la concurrence pousse à la restructuration. La recherche de « performance par la taille » explique que cette opération vise préférentiellement les petites officines. Pour preuve, le CA médian des officines fermées est d’environ 1 M€ (source : statistiques 2018 de l’Ordre).
Cette tendance devrait encore s’accélérer, le regroupement ayant vu récemment ses règles changer par l’ordonnance « réseau » publiée au Journal officiel du 4 janvier 2018 :
– Les regroupements deviennent possibles dans toute commune où une ouverture d’officine est conforme au quorum, même s’il ne s’agit pas de la commune d’origine de l’une des pharmacies regroupées.
– L’interdiction de cession ou de nouveaux regroupements pendant 5 ans, à la suite d’un premier regroupement ou transfert, est supprimée.
– L’officine dont le regroupement a été autorisé doit ouvrir au public dans les 24 mois qui suivent le jour de la notification de l’arrêté de licence (contre 12 mois avant le 3 janvier 2018).
Malgré les nouvelles possibilités ouvertes par l’ordonnance, les regroupements continueront d’avoir lieu majoritairement dans la même commune ou dans des communes limitrophes. Dans ce cas, « la ou les licences libérées sont prises en compte dans le quota de la commune où s’effectue le regroupement pendant un délai de 12 ans (gel des licences), indique Emmanuel Leroy, responsable Ile-de-France de KPMG. Passé ce délai, le dégel ne sera possible que si la desserte des populations n’est pas optimale ».
Dans le cas où le regroupement ne se ferait pas sur l’emplacement de l’une des officines, mais sur un nouveau site plus proche des lieux de vie des patients, la qualité première pour les futurs associés de la pharmacie regroupée est la patience. « Les associés doivent parfois différer leur projet en attendant qu’un emplacement se libère », prévient-il.
Attention aussi aux réactions des élus dans certaines communes ! « A vouloir maintenir coûte que coûte une pharmacie dans certains villages, des élus locaux bloquent des opérations de restructuration », poursuit-il. Il conviendra donc, avant de lancer l’opération, de veiller au maintien du maillage territorial. Le regroupement ne pourra être accordé que s’il n’a pas pour effet de compromettre l’approvisionnement nécessaire en médicaments de la population résidente de la commune ou du quartier d’origine et qu’il facilite la délivrance dans le quartier d’implantation (qui peut être le même).
Un audit est impératif
Dans tous les cas, il est impératif de réaliser un audit. « Il doit comprendre une étude de faisabilité au regard du droit pharmaceutique mais aussi sur les plans juridique et financier, une analyse de l’existant de chaque pharmacie, une étude d’implantation de la nouvelle officine… L’étude de clientèle est primordiale pour consolider le projet et s’assurer que 1 + 1 = 2 », détaille Emmanuel Leroy.
En ce qui concerne la future société, cet expert-comptable conseille de la constituer par voie d’apport des deux officines : « Lorsqu’elles sont de taille similaire, le regroupement est plus facile à orchestrer car il tend vers une répartition égalitaire des titres de la nouvelle société. »
CE QU’IL FAUT MENER DE FRONTLes associés vont devoir mener de front les démarches auprès de l’Ordre, de l’administration (pour l’obtention de la nouvelle licence d’exploitation), des bailleurs (rupture du bail commercial du fonds non exploité), des banques (réétalement des emprunts avec une seule banque partenaire, frais de clôture de prêt par remboursement anticipé et d’ouverture du nouveau crédit professionnel), et d’autres partenaires de l’officine (choix du grossiste, stocks à fusionner et reprise partielle à négocier, reprise du matériel des deux officines par la nouvelle société, ou mise en place d’un matériel plus récent et plus adapté à la nouvelle structure).
Le sort des contrats d’assurance, de crédit-bail, des contrats de personnel suite aux restructurations envisagées (licenciements) devra lui aussi être réglé.

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