Pharmacie de premier recours : l’expérimentation au point mort

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Publié le 25 mai 2019 | modifié le 16 septembre 2025
Par Francois Pouzaud
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M arc Alandry s’impatiente. Ce pharmacien audois, installé à Couiza, lutte pour la sauvegarde des pharmacies de proximité et du maillage officinal en milieu rural, et pour la reconnaissance des « pharmacies de premier recours ». Son projet d’expérimentation de pharmacie ainsi labellisée, soutenu par plus de 45 000 signatures et 49 maires de communes isolées, semble tombé aux oubliettes. « Les 17 pharmaciens de la Haute Vallée de l’Aude qui ont co-signé le projet, désormais sous l’aile de Valérie Garnier, présidente de l’URPS Pharmaciens Occitanie, sont au garde-à-vous et attendent le feu vert de l’ARS », poursuit-il. ARS qui reste bien silencieuse.

Un caractère d’utilité publique

Pourtant, ce projet a bravé les obstacles et reçu l’aval d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé, que Marc Alandry a rencontrée en février. Quatre mois plus tôt, le 10 octobre 2018, il avait remis la pétition en main propre à Mireille Robert, députée de l’Aude et membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. La plus grande victoire d’étape jusqu’ici a été la volte-face de la Cour des comptes qui, dans son dernier rapport de mars, reconnaît que la pharmacie en zone rurale revêt un caractère d’utilité publique et la nécessité de préserver le maillage. Elle qui préconisait, en septembre 2017, la fermeture d’une pharmacie sur deux. « C’est grâce à notre intervention auprès des politiques que ce changement de considération a été possible », précise Marc Alandry. Le combat se poursuit. Une fois que l’expérimentation sera lancée, elle fera le lit d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS).

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