“Le risque à l’installation est réel”

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Publié le 1 décembre 2019
Par Francois Pouzaud
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Les prix des pharmacies n’ont pas connu de variation sensible, en 2019. Des niveaux de prix qui sont désormais plus en phase avec la rentabilité des officines.

Pharmacien Manager. Pourquoi la valeur d’un fonds de pharmacie est-elle appréciée en multiple de l’excédent brut d’exploitation (l’EBE) ?

Joël Lecœur. Le prix exprimé en pourcentage du C.A HT n’est plus pertinent, compte-tenu des grandes disparités d’une officine à l’autre, de la taille, du poids des médicaments chers… Le prix de cession exprimé en multiple de l’EBE retraité résout les problématiques liées à la taille, aux volumes des médicaments chers, à la politique commerciale (discount), au poids des loyers et de la masse salariale. Cette approche est la seule pertinente eu égard aux nouveaux modes de rémunération, (honoraires en lieu et place d’une baisse de la marge dégressive lissée) et à la mise en place des nouvelles missions.

P.M. Comment se calcule un prix de cession ?

J.L. Il est exprimé en multiple de l’EBE retraité de la rémunération du titulaire, c’est-à-dire déduction faite d’une rémunération brute normative annuelle du titulaire de 63 000 €, soit 3 500 € nets mensuels. La valeur économique de l’officine est, ainsi, mieux appréhendée.

P.M. Quelles sont les questions à se poser avant d’acheter une officine ?

J.L. L’acquéreur doit d’abord regarder sa future officine comme un outil de travail le rémunérant correctement, avant de se projeter dans sa capacité à rembourser l’emprunt. Le risque à l’installation est réel et la capitalisation devient incertaine. C’est par cette approche que la profession réussira sa transmission générationnelle.

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ANALYSE DE Joël Lecœur

EXPERT-COMPTABLE DU CABINET LLA EXPERTS COMPTABLES ET PRÉSIDENT DU RÉSEAU CGP