Ventes de masques : comment les pharmaciens répondent à la vague de demandes

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Ventes de masques : comment les pharmaciens répondent à la vague de demandes

Publié le 28 avril 2020
Par Francois Pouzaud
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Depuis lundi matin, Pierre-Edouard Poiré, titulaire à Saint-l’Ouen l’Aumône (Val-d’Oise), a été assailli de demandes au comptoir et par téléphone, sans pouvoir rien promettre dans l’immédiat. « J’ai pourtant anticipé l’autorisation de vendre des masques grand public en passant une précommande à mon groupement il y a plus d’une semaine mais la commande n’est passée, a priori, qu’une fois l’autorisation d’en vendre accordée », témoigne-t-il. 

« Hier matin, ça n’a pas arrêté et c’était très épuisant, confie Bénédicte Carrère, installée à Simiane-Collongue (Bouches-du-Rhône). Le plus compliqué était de ne pas pouvoir donner d’information précise sur la date d’approvisionnement en masques et de laisser les clients désorientés. » L’après-midi, la gestion des demandes a été plus simple. L’oreille collée au téléphone en fin de matinée avec ses fournisseurs, « je les ai harcelés pour connaître le délai de livraison, le type de masques livrés, le descriptif du produit, etc. », raconte-t-elle. Ces informations en main, cette pharmacienne a pu réaliser des préventes auprès de sa patientèle. « En l’absence de plus d’instructions sur le nombre de masques à vendre par personne, je réponds aux souhaits de mes clients, les quantités demandées ne sont pas excessives, entre 2 et 4 masques. »

Philippe Dauphin, titulaire à Beauchamp (Val-d’Oise), rassure également la demande pressante par des « bons de promis » et des envois par SMS pour prévenir quand les masques seront livrés. Néanmoins, il ne décolère pas vis-à-vis de la mauvaise gestion de cette annonce par l’Etat. « Nous sommes gouvernés par des technocrates qui ne comprennent rien à la vraie vie d’une entreprise. Dès lundi soir, ils annoncent l’existence de quatre labels de masques, mais dans la commande de masques que j’ai anticipée depuis plus de 15 jours auprès de mon groupement, j’ai pris un risque financier important car je ne suis pas certain de pouvoir les vendre au prix de 5 €, et je n’ai aucune certitude qu’ils soient marqués d’un label », s’agace-t-il.

Pierre-Edouard Poiré est dans le même état d’énervement… et de découragement. Il s’élève contre les prix limites de vente des solutions hydroalcooliques et peut-être bientôt des masques. « Leur prix ne sont pas inaccessibles. Si j’achète plus cher que je ne les vends, je me retrouver en situation illégale de vente à perte et je ne tiens pas à être en infraction, ni à les distribuer gratuitement. C’est pourquoi j’ai fait une première commande a minima. A force de vouloir trop réglementer, la vente de masques, ce sera sans moi ! », prévient-il.

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