© Changement de tarif des masques au 1er décembre : déjà des reventes à perte ! - Gearstd/iStock
Changement de tarif des masques au 1er décembre : déjà des reventes à perte !
Le 1er décembre, le prix des masques chirurgicaux remboursés par l’Assurance maladie passe de 0,30 € (HT) à 0,15 € (HT) l’unité. De fait, l’indemnité globale pour 30 et 50 masques change également (respectivement de 6,86 € TTC et de 10,02 € TTC).
Selon un sondage de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) dont les résultats ont été présentés le même jour, sur 1 871 pharmaciens ayant répondu sur la semaine du 23 au 30 novembre, un quart vont perdre désormais de l’argent en facturant ce nouveau prix, parce qu’ils les achètent actuellement plus de 0,15 € HT. Précisément, 13,63 % les achètent à un prix unitaire de 0,20 € HT et 11,92 % à 0,30 € HT ou plus. Un tiers seulement en achète déjà au nouveau prix de remboursement et ne revendront donc pas à perte. Au total, près de 6 pharmaciens sur 10 vont devoir faire fissa sur décembre pour ne pas se retrouver dans la même situation à compter du 1er janvier 2021, date à laquelle le prix du masque à l’unité doit tomber à 0,10 € HT (actuellement 41,26 % des pharmacies achètent à ce prix ou à un prix inférieur).
Une tâche qui ne s’annonce pas des plus simples car « pour avoir des prix, les pharmaciens font des stocks et doivent acheter des cartons entiers », signale Gilles Bonnefond, président de l’USPO. Ainsi, 3 répondants sur 4 déclarent avoir encore en stock plus de 500 masques chirurgicaux, alors que le délai d’écoulement du stock est de l’ordre de plus d’un mois pour 41,80 % des répondants. Outre une rotation à accélérer des stocks, les pharmaciens « en dessous de ce seuil » vont devoir acheter en prévision de l’échéance de janvier des masques à moins de 0,10 € HT l’unité, ce qui est loin d’être gagné. En effet, près de trois pharmaciens sur quatre n’ont pas réussi à avoir un tel prix d’achat.
Compte tenu des difficultés des pharmaciens à pouvoir s’aligner en dessous du tarif de facturation du 1er janvier, l’USPO a demandé d’en décaler la mise en application de deux mois, soit au 1er mars 2021, le temps que les prix d’achats se stabilisent et que tous les pharmaciens puissent être approvisionnés sous les 0,10 € l’unité.
Renouvellement d’ordonnances expirés : un acte manqué
En prévision d’un troisième confinement, afin que le gouvernement ne renouvelle pas les mêmes erreurs en ne reconduisant pas la dérogation sur le renouvellement par le pharmacien des traitements chroniques, hypnotiques, anxiolytiques et médicaments stupéfiants, l’USPO a mené un second sondage sur la même période sur un échantillon de 986 pharmaciens. 25 % des pharmaciens ont été confrontés sur novembre à 5 à 10 refus de délivrance parce que l’ordonnance était expirée et la même proportion a avancé le traitement au patient en attendant la régularisation par son médecin. Le plus souvent, il s’agit d’un traitement chronique (97,90 % de réponses), puis d’anxiolytiques (46,48 %), d’hypnotiques (34,94 %) et de médicaments stupéfiants ou assimilés (8,60 %).
Cela suffira-t-il à convaincre les pouvoirs publics de l’importance de cette dérogation pendant l’état d’urgence sanitaire ?
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