A Alès, une affaire à ne pas laisser passer

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Publié le 10 septembre 2022
Par Francois Pouzaud
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Nasser El-Cheikh Hussein, 29 ans, s’est immédiatement projeté en visitant la pharmacie Santorin, située en plein centre d’Alès (Gard). Cette officine profite d’un environnement concurrentiel peu commun en centre-ville, sans excédent d’officines.

Coryne Rouire et François Cendres, cotitulaires de la société en nom collectif (SNC) pharmacie Santorin, ont cédé le fonds de commerce le 9 mai 2022 à l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) de Nasser El-Cheikh Hussein. La pharmacienne aspirait à faire valoir ses droits à la retraite et son associé depuis 2003 souhaitait se relancer dans un nouveau projet professionnel. « J’aime la relation de proximité avec la clientèle, ce que l’on trouve de moins en moins dans les pharmacies de grande métropole, raconte Nasser El-Cheikh Hussein jusqu’alors adjoint à la pharmacie des Arceaux à Mont­pellier (Hérault). Deux amis pharmaciens installés près d’Alès m’ont fait découvrir cette ville, qui a gardé son côté villageois et aussi touristique avec en particulier la feria. Elle me correspond parfaitement ». Lorsqu’Adrien Moulinas, du cabinet Pharmacessions, lui a proposé la pharmacie Santorin, il a donc dit oui sans hésiter, les atouts ne manquant pas. C’est une pharmacie historique et réputée. Outre sa situation centrale et un emplacement de premier choix lui offrant une grande visibilité, elle dispose d’un local commercial de 327 m2 (rez-de-chaussée et étage), d’une double entrée sur deux grandes rues commerçantes et de deux parkings de proximité, notamment grâce à la présence juste en face de l’officine d’un magasin Monoprix.

Concernant l’environnement médical et commercial, « l’établissement se situe à proximité d’une maison médicale, bénéficie des retombées de l’hôpital d’Alès, d’une clinique et de l’arrivée en centre-ville de nouvelles chaînes de magasins et enseignes. La ville reprend son souffle », précise-t-il. Il est donc convaincu de pouvoir faire progresser cette officine dont le chiffre d’affaires (hors activités Covid-19) est de 1 780 000 € HT.

Une chance rare en zone urbaine

Contrairement à bon nombre de centres-villes, celui d’Alès (plus de 40 000 habitants) a déjà fait place nette autour de la pharmacie Santorin. « Une pharmacie a fermé en juin 2021 après le rachat de sa clientèle par une officine voisine, une autre a été transférée en avril 2021 dans une zone commerciale périphérique… Seules trois pharmacies subsistent en centre-ville, dont une de nos concurrentes à l’enseigne Lafayette, elle-même issue du regroupement de trois pharmacies », décrit-il. Nasser El-Cheikh Hussein entend s’investir dans les nouvelles missions pharmaceutiques. « J’ai transformé un espace de 70 m2 qui comporte désormais une salle d’attente avec un coin permettant d’exposer du matériel médical et trois cabines de confidentialité pour la téléconsultation (car nous manquons de médecins sur Alès), la vaccination et l’orthopédie », précise-t-il. Il veut aussi promouvoir, à travers son activité, un service public accueillant, conseillant, accompagnant et écoutant les patients comme leurs aidants, quand ils sont eux-mêmes âgés. Le pharmacien s’apprête notamment à se former pour participer à un programme régional en faveur des aidants ou proches âgés afin d’éviter que ces personnes qui apportent leur soutien aux malades ne deviennent à leur tour dépendantes.

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