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- Rémunération : satanés ponts de mai
© ECOBILAN - USPO
Rémunération : satanés ponts de mai
C’était prévisible. Avec un jour ouvrable en moins en mai 2018 par rapport à mai 2017, associé à une succession de jours fériés et de ponts, l’activité des officines sur le médicament remboursable fléchit. Sur ce mois, la baisse des unités flirte avec les 10 millions (- 4,55 %), entraînant dans son sillage les ordonnances de 5 lignes et plus (- 4,55 %, source : IQVIA-Pharmastat). Quant au nombre d’ordonnances, il chute lourdement de près de 7 %.
La rémunération fait davantage les frais de cette baisse d’activité (perte de près de 11 M€, -2,54 %) que le chiffre d’affaires (- 0,07 %). En mai 2017, le nombre d’unités délivrées était en hausse (+ 0,44 %), le nombre d’ordonnances (+ 1,29 %) aussi, avec une rémunération en baisse de 3 M€ (- 0,71 %). « C’est donc bien le manque d’activité qui est responsable de la perte de rémunération et l’honoraire à la boîte qui nous pénalise », constate Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).
Du coup, sur les 5 premiers mois de 2018, les chiffres plongent par rapport à ceux du premier quadrimestre (unités : -1,69 %, ordonnances : – 3,14 %, ordonnances de 5 lignes et plus : -2,77 %), tandis que la rémunération s’éloigne du point d’équilibre (- 0,58 % versus – 0,10 % à fin avril), avec une perte de marge cumulée depuis le début de l’année de 12,6 M€ pour un CA qui se stabilise à + 0,61 % grâce aux médicaments chers.
Pour l’USPO, tout n’est pas sombre dans ce bilan plombé par le nombre d’ordonnances délivrées, variable diminuant le plus sur ces cinq premiers mois de 2018. « Alors qu’en 2017 la rémunération par unité et par ordonnance ne cessait de baisser, on voit depuis l’application de la réforme une inversion, malgré les baisses de prix continues, explique Gilles Bonnefond. En mai 2018, la rémunération par unité a augmenté de 2 %, retrouvant ses valeurs de 2016 et la rémunération par ordonnance de 4,6 %, renouant presque avec ses valeurs de 2015. Les unités diminuent 1,3 fois moins qu’en 2017, la rémunération 5,9 fois moins, ce qui atteste une nouvelle fois des effets protecteurs de la réforme. La perte de rémunération n’est due qu’à la diminution d’activité et non à la réforme qui au contraire protège d’une baisse qui devrait être beaucoup plus importante. »
A la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) qui n’a pas signé l’avenant n° 11 à la convention nationale pharmaceutique, le discours ne change pas d’un iota. « Le chiffre d’affaires est presque stabilisé mais les paramètres actuels et futurs sur lesquels est fondée la nouvelle rémunération évoluent de façon négative, commente son président, Philippe Gaertner. Les variations saisonnières doivent être écartées des analyses, les baisses de prix sont de plus en plus impactantes, on verra véritablement les effets réels de cette réforme en fin d’année. » Au rythme où vont les choses, le président de la FSPF maintient que la perte sera bien de 100 M€ sur 2018.
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