Réforme des retraites : elle va bien aux syndicats de pharmaciens

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Réforme des retraites : elle va bien aux syndicats de pharmaciens

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Publié le 18 décembre 2019
Par Francois Pouzaud
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En dépit de la démission de Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites (HCRR), la seconde réunion du 17 décembre a été maintenue entre les syndicats pharmaceutiques et un membre de son cabinet. C’est le signe que le gouvernement entend garder le cap de cette réforme qui ne s’en va donc pas avec son concepteur.

Les nouvelles sont plutôt rassurantes, confortant en premier lieu les annonces du Premier ministre à propos de l’absence de « hold-up » sur les réserves lors de la présentation de la réforme du gouvernement. « Nous avons eu la confirmation que les réserves du régime de retraite complémentaire par capitalisation resteront à la branche pharmacie, ainsi que les réserves constituées dans le cadre du régime par répartition. Ces dernières serviront à maintenir l’équilibre de la branche pendant la phase de transition de la réforme et si, à l’issue de cette période, il reste des réserves, elles continueront à être gérées par les pharmaciens », rapporte Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) se réjouit aussi que la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP) soit conservée pendant les 20 ans que durera la transition vers le régime universel.  

Pension en hausse, cotisations en baisse

Le HCRR s’était engagé à faire des simulations profession par profession sur les cotisations et pensions versées dans le cadre du régime universel par points. Parole a été tenue.

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Là aussi, bonne surprise. « Il nous a été expliqué que la CSG versée par les pharmaciens sera intégrée à l’assiette des cotisations donnant droit à la retraite et ce, à partir du 1er janvier 2022 », indique Philippe Besset, président de la FSPF. Ainsi, un confrère dont la rémunération annuelle est de 80 000 euros pour une carrière entre 2025 et 2055 toucherait, une fois à la retraite, 2 198 euros par mois, contre 1 567 euros actuellement, selon les simulations du HCRR.

Les simulations du gouvernement sur les taux de cotisations sous RU apparaissent également favorables à la profession. « Le fait de ne plus avoir à payer de cotisations sur l’impôt de la CSG, les pharmaciens paieront un peu moins de cotisations qu’actuellement et pour la tranche la plus critique des pharmaciens – ceux dont les revenus se situent entre 2 plafonds annuels de la Sécurité sociale (PASS, environ 40 000 euros, NDLR) et jusqu’à 3 PASS – l’effort de cotisation sera presque complètement amorti », explique le président de l’USPO.

Des points en suspens

Malgré ces avancées, des points essentiels restent à négocier. La FSPF a interpellé le bureau du HCRR sur la mise en place d’un âge pivot de départ à la retraite, le maintien dans le nouveau système du principe des majorations actuellement en vigueur pour la maternité et l’éducation, une égalité de traitement avec les autres professionnels de santé qui bénéficient de l’avantage social vieillesse (ASV). Ce syndicat souhaite aussi que la réforme puisse profiter aux pharmaciens nés avant 1975.

De son côté, l’USPO a demandé que les critères de la pénibilité s’appliquent aux  pharmaciens. « Il ne faut pas exclure cette possibilité qui est lié au mécanisme des gardes, en milieu rural, les titulaires sont souvent de garde une semaine sur quatre », défend Gilles Bonnefond.