Bien choisir l’imposition des revenus financiers sur la déclaration

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Publié le 23 mai 2020
Par Francois Pouzaud
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Vous avez perçu des revenus financiers en 2019 ? Ils sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique, sauf option pour le barème de l’impôt sur votre déclaration de revenus 2020. Dans quel cas y avez-vous intérêt ?

Les revenus financiers (dividendes et intérêts de produits de placement à revenus fixes) sont hors champ d’application du prélèvement à la source (PAS). Ils sont soumis de plein droit au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème de l’impôt sur le revenu (IR). Les revenus financiers de 2019 ont déjà fait l’objet, lors de leur versement, d’un prélèvement forfaitaire obligatoire (PFO) de 12,8 % de leur montant brut pratiqué par l’établissement payeur avec les prélèvements sociaux. Il constitue un acompte imputable sur l’imposition finale qui sera liquidée à l’automne sur la base de la déclaration de revenus 2020. Si le contribuable ne fait rien, le fisc calcule l’impôt définitif en appliquant le PFU de 12,8 % et en déduisant le PFO de 12,8 % déjà subi : il n’aura donc plus rien à payer.

Si le contribuable décide, dans son intérêt, de soumettre ses revenus financiers de 2019 au barème de l’impôt et ainsi de bénéficier de l’abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes, l’option doit être exercée lors du dépôt de sa déclaration en cochant la case 2OP page 3 de l’imprimé 2042. Attention, cette option (irrévocable) est globale et couvre tant les revenus financiers que les plus-values de cession d’actions ou de parts sociales de 2019. Seules des simulations chiffrées permettent d’éclairer cette décision.

– Dans le cas où seulement des intérêts ont été perçus, le PFU est toujours plus intéressant, sauf pour les personnes non imposables.

– En présence de seuls dividendes, du fait de l’abattement de 40 %, le PFU n’est mieux-disant qu’à partir de la tranche d’IR à 30 %.

– Pour les contribuables ayant réalisé des plus-values mobilières, le PFU est plus favorable si les titres cédés ne peuvent pas bénéficier des abattements pour durée de détention. En revanche, l’option pour le barème peut être envisagée si les titres cédés ont été acquis avant 2018 et ouvrent droit aux abattements pour durée de détention de 50 % (entre deux ans et huit ans) et de 65 % (au-delà de huit ans).

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Par exemple, un célibataire qui a perçu 14 000 € de salaires, 6 000 € de revenus fonciers et 2 000 € de dividendes en 2019 est gagnant en optant pour le barème de l’impôt. La facture finale (IR + prélèvements sociaux) sera de 2 118 € (dont 422 € de CSG déductible du revenu global) au lieu de 2 225 € avec le PFU (avec seulement 286 € de CSG déductible).