Les honoraires de dispensation seront tous pris en charge

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Publié le 13 décembre 2018
Par Francois Pouzaud et Laurent Lefort
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A compter du 1 er  janvier prochain, les patients ne subiront pas de reste à charge sur les différents honoraires. Les mutuelles ont finalement accepté de les rembourser, même dans les situations à 15 %. Le pouvoir d’achat est sauf…

L’arbitrage est terminé. Les complémentaires santé ont finalement fait preuve de sagesse, elles qui avaient jusqu’ici refusé de prendre en charge les honoraires de dispensation sur les médicaments à 15 %, quand elles ne participent à aucun remboursement des médicaments prescrits sur l’ordonnance. Elles rembourseront bien, dès le 1er janvier 2019, l’ensemble des honoraires de dispensation à hauteur de 30 %. « L’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaires (Unocam) a approuvé l’application du ticket modérateur sur l’ensemble des honoraires de dispensation, donc sans reste à charge pour le patient », annonce avec satisfaction Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Pour leur faire entendre raison, ce syndicat a agité en dernier ressort la menace de la prescription associée d’un autre médicament à 65 % ou 30 %, ce qui aurait coûté plus cher à la complémentaire santé. « Grâce au transfert de la marge de distribution vers l’honoraire de dispensation, le reste à charge du patient va même diminuer », fait-il remarquer.

Merci aux « gilets jaunes » ?

Ce changement de position de l’Unocam sur la prise en charge des nouveaux honoraires intervient opportunément alors que les pouvoirs publics tentent de résorber la crise des « gilets jaunes » et de répondre à leurs revendications sur l’amélioration du pouvoir d’achat. Une réunion de mobilisation a même été organisée le 18 décembre à l’Elysée avec les mutuelles, les assureurs et les instituts de prévoyance auxquels Emmanuel Macron a demandé « des engagements supplémentaires pour que le coût de la santé pèse moins sur le pouvoir d’achat des ménages ». Ayant détecté l’imbroglio des honoraires sur les médicaments à 15 % et alerté, depuis plusieurs semaines, les signataires de l’avenant n° 11 de juillet 2017 à la convention pharmaceutique, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) se félicite aussi de cet épilogue. « Cependant, compte tenu de cette décision très tardive et de la nécessité de recertifier le cahier des charges Sesam-Vitale, la mise à jour des logiciels des officines risque de ne pas être prête pour le 1er janvier », craint Philippe Gaertner, président de la FSPF. A surveiller donc. Dernière bonne nouvelle, ces nouveaux honoraires de dispensation seront également pris en charge par les établissements d’hospitalisation à domicile (HAD) adhérant à la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (FNEHAD). Un avenant conventionnel doit être signé dans ce sens avant la fin de l’année. 

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