• Accueil
  • Thérapeutique
  • Vigilances
  • CLAUDE MONNERET, directeur émérite au CNRS, Institut Curie à Paris, membre de l’Académie nationale de Pharmacie

CLAUDE MONNERET, directeur émérite au CNRS, Institut Curie à Paris, membre de l’Académie nationale de Pharmacie

Réservé aux abonnés
Publié le 25 juin 2011 | modifié le 19 août 2025
Par Véronique Pungier
Mettre en favori

L’interdiction immédiate des parabènes telle que le projet de loi voté début mai par l’Assemblée nationale le prévoit est peu probable au final. Elle aurait des répercussions bien trop importantes pour toute la chaîne du médicament notamment. Toutes les AMM des spécialités qui en contiennent seraient remises en cause. Ces substances sont utilisées à des doses très faibles dans les formules, 100 à 1 000 fois inférieures aux doses journalières tolérées. De plus, elles ont une demi-vie courte, de quelques heures, donc se dégradent rapidement dans l’organisme. Néanmoins, l’industrie pharmaceutique doit évoluer et rechercher de nouveaux conservateurs. L’utilisation de parabènes dans les comprimés doit cesser : aujourd’hui, il est tout à fait possible de travailler dans des conditions inertes pour les fabriquer. Pour les collyres, le recours aux conditionnements à usage unique est généralisable. Restent les autres formes liquides pour lesquelles il n’y a pas d’alternatives immédiates. D’une manière générale, il faut éviter les médicaments contenant des parabènes au cours de la grossesse, chez les nourrissons et les jeunes enfants, et en cas de consommation quotidienne liée à une pathologie chronique. Si l’usage est limité dans le temps, il n’y a pas de danger. Les parabènes sont identifiés comme perturbateurs endocriniens (chez la fille : puberté précoce, retard de conception, baisse de fécondité ; chez le garçon : modification morphologique des spermatozoïdes, baisse de la fertilité, cryptorchidie) et leur innocuité n’est toujours pas prouvée. Pour l’heure, le risque cancérigène des parabènes (cancers de l’utérus ou des ovaires ; cancers de la prostate ou des testicules) n’est pas avéré mais reste possible quand d’autres facteurs de risque s’y ajoutent.

Publicité