Eludril Gé fait table rase du princeps et du générique
Avec ses 16 millions d’unités vendues chaque année, Eludril est un best-seller de l’officine. Une marque que les patients ne sont pas prêts à échanger contre un générique. « Quand le consommateur a le choix, 96 % des patients optent pour le princeps », argue Jacques Chevallet, directeur de Pierre Fabre Santé. D’où l’idée de créer, pour ce bain de bouche, un autogénérique sous la marque Eludril Gé. Une première sur ce segment. « La formule est identique à celle du princeps. Cela permet au patient d’être rassuré par le nom du princeps et au pharmacien de profiter des conditions commerciales et de marge d’un générique. » Vendu 2,35 euros, cet autogénérique, qui vient de débarquer dans les officines ce mois-ci, va faire table rase du princeps qui « demain n’existera plus », ainsi que de Soludril, son générique.
Innovant et handicapant selon le Gemme
Ce choix de proposer un seul autogénérique peut-il être payant ? Pour Pascal Brière, président du Gemme, « la stratégie de Pierre Fabre sera innovante et unique, mais elle ne permettra pas au laboratoire de proposer une gamme large aux pharmaciens, ce qui peut se révéler un handicap. » Pour le patron de l’association des génériqueurs, le retrait de la spécialité de référence fera même « perdre au pharmacien l’avantage de l’égalisation des marges entre spécialités génériques et princeps ». Car, habituellement, la marge du générique est calculée à partir du prix fabricant du princeps. Or, si le princeps n’existe pas, le calcul se fera sur la base du prix fabricant du générique, inférieur de 45 % au prix du princeps. En toute logique, la marge sera donc inférieure, d’après les analyses du Gemme. Malgré ces réticences, certains pharmaciens attendaient pourtant l’autogénérique d’Eludril avec impatience. Pour Stéphane Leselbaum, titulaire d’une officine parisienne, l’autogénérique facilitera la gestion du stock. « Aujourd’hui, je dois avoir à la disposition de mes patients le générique Soludril, mais aussi 20 % d’Eludril pour les patients réfractaires. Demain, un seul autogénérique existera, ce sera plus simple. »
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