Spécial devinettes

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Publié le 5 janvier 2002
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La nouvelle année est là, avec son lot de surprises à venir. Elle me rappelle avec nostalgie le temps de l’enfance ou nous jouions aux devinettes. Qui va peut-être bientôt accepter d’avoir la plus faible marge commerciale de tous les commerces de distribution, avec en plus l’obligation de vendre à perte pour certains types de produits ? Un discounter très mordant, un nouveau concept ? Non bien sûr, la vente à perte est interdite. Les pharmaciens, oui !

Qui est capable d’accepter, et même de proposer, une baisse de sa marge commerciale pour compenser toute augmentation de son activité ? Une grande entreprise ? Non bien sûr, ne pas faire de bénéfices pour investir, croître, embaucher, c’est à terme mourir. Les pharmaciens, oui !

Qui est capable d’accepter, et même de proposer de restituer toute remise commerciale négociée avec un fournisseur (de génériques, entre autres) ? Une centrale d’achats ? Non bien sûr, c’est sa raison d’être. Les pharmaciens, oui !

Qui est capable de proposer, à ses frais, de façon systématique et quel qu’en soit le montant, un crédit gratuit avec paiement sous 8, 15, 30, 60 jours, voire bien plus et même jamais ? Une banque ? Non bien sûr, ce ne sont pas des philanthropes. Les pharmaciens, oui !

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Qui est capable de proposer, à ses frais, un service de proximité accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ? Une enseigne de grande distribution ? Non bien sûr, le bénévolat c’est pas leur truc. Les pharmaciens, oui !

Qui est capable de proposer, à ses frais, et pour des centaines de prestataires différents, la rédaction, le traitement, le tri, le suivi, l’édition, l’acheminement de milliers de documents ? Une grande administration ? Non bien sûr, avec les 35 heures ils n’ont pas le temps. Les pharmaciens, oui !

Qui est contraint, pour pratiquer tout ce qui précède, de dévaloriser financièrement son personnel (guère plus qu’une aide-soignante pour un assistant et moins qu’un agent de service hospitalier pour un préparateur) ? Une entreprise délocalisée ? Non bien sûr, les médias l’auraient depuis longtemps dénoncé. Les pharmaciens, oui !

Vraiment, je préférais les devinettes de mon enfance !