Devenir préparatrice par expérience

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Publié le 1 avril 2006
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Vendeuse à l’officine depuis 1971, Arlette Delepine tente aujourd’hui d’obtenir un baccalauréat professionnel commerce par la validation des acquis de l’expérience (VAE), afin de commencer un BP de préparatrice.

C’est une affiche sur la vitrine d’une pharmacie d’Aulnoye-Aymeries (Nord) qui pousse Arlette Delepine, alors âgée de 16 ans, à postuler pour ce poste de vendeuse. Elle s’ennuyait dans un CAP de comptabilité-mécanographie et souhaitait travailler au plus vite. « Le travail en officine m’a plu tout de suite, je n’ai eu aucun doute », se souvient Arlette. Déballage, commandes, délivrance d’ordonnances sous l’oeil du titulaire…elle apprend vite son métier. Mais en raison de contraintes familiales, elle cesse son activité en 1978 durant plus de dix années. « Mais j’ai repris comme si j’avais quitté la veille » assure-t-elle. Sa curiosité insatiable et ses nombreuses lectures ne l’empêche cependant pas d’être mal à l’aise sans diplôme. Oui, mais…Comment passer le BP ? Le CFA est à plus de 100 kilomètres de chez elle, elle est mariée, a un fils…Et aucun de ses employeurs ne s’est jamais soucié de cette situation. En 2002, cap sur Avignon où elle est embauchée dans une officine du centre ville, rachetée quelques mois après. « Madame Roux, ma titulaire m’a encouragé à passer un diplôme, elle m’a donné confiance », confie Arlette qui apprend que la seule façon de s’inscrire en BP est de faire valider son expérience officinale pour obtenir un baccalauréat professionnel commerce.

Le long parcours de la validation

Commence alors en avril 2005 un long parcours : contacter un centre de validation*, aller aux convocations, se procurer le référentiel du bac pro commerce, et s’atteler au dossier de validation qui décortique ses activités professionnelles. Arlette doit mettre en évidence – et par écrit- ses compétences en tant que responsable du rayon parapharmacie, afin de coller aux exigences du référentiel Bac pro commerce : animation, gestion, vente. Et trouver dans son expérience professionnelle et personnelle, ce qui va lui permettre de valider les matières de l’enseignement général, comme la géographie ou les maths. Sa fonction de trésorière d’une association, et ses activités de cyclotourisme sont d’une grande aide. « J’ai eu des moments de découragement », admet Arlette. A force de volonté et de passion pour son métier, elle a aujourd’hui « bouclé » son dossier et elle attend l’entretien avec le jury. Si tout se passe bien, Arlette sera la première personne travaillant en officine à obtenir un Bac Pro commerce par le biais de la VAE en région PACA. Elle pourra alors s’inscrire en BP pour enfin mettre un nom sur son expérience, celui de préparatrice. Croisons les doigts. •

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*Pour tout renseignement sur la VAE, s’adresser au dispositif académique de validation des acquis (DAVA) de votre Région en appelant le Rectorat, ou sur les sites : – ou taper , suivi du nom de l’académie et de .fr

Arlette Delepine

1955 : Naissance le 19 juin

1971-1978 et 1989-2002 : vendeuse à Aulnoye-Aymeries (Nord, 59) dans 2 officines successives

2003 : vendeuse à la pharmacie Roux (Avignon).