Zoom sur les libéraux

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Publié le 13 décembre 2008
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Selon une enquête CSA du groupe Banque populaire en collaboration avec l’Union nationale des professions libérales (UNAPL), l’installation d’un professionnel libéral est relativement tardive. Mais ce n’est pas là la seule différence avec l’officine.

En moyenne, l’ouverture du premier cabinet (professions médicales et techniques, avocat) n’intervient que 13 ans après la fin des études et à l’âge de 35 ans. « Nous avons même des quadragénaires ou quinquagénaires », indique Olivier Aynaud, secrétaire général de l’UNAPL. Par contre, l’installation est rapide : il s’écoule moins de cinq mois entre les premières démarches d’installation et le début effectif de l’activité.

L’attachement à un lieu de vie est plus présent que par le passé. Dans l’enquête « Avoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée » de la Banque populaire, il ressort comme une préoccupation prioritaire pour plus de la moitié des 800 personnes interrogées. Dont une surreprésentation de jeunes installés.

La crise financière affecte peu les libéraux qui, à 65 %, gardent le moral. Sinon, à quoi bon s’installer aujourd’hui ! Cet optimisme s’accompagne d’un dynamisme en matière de création d’entreprise qui ne s’est pas démenti en 8 ans (+ 55 %).

On note aussi une féminisation des professions libérales, avec deux fois plus de femmes ayant créé leur propre structure sur les deux dernières années (19 % contre 8 % d’hommes).

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L’exercice en groupe n’est pas autant recherché qu’en pharmacie. 71 % des libéraux exercent en nom propre, 29 % en société (le plus souvent une EURL ou une SARL). La SEL n’est retenue jusqu’ici que par 7 % des professionnels exerçant en société (en pharmacie, ce pourcentage était de 15,4 % en janvier dernier, selon Interfimo). Mais les créations sur le mode sociétal progressent.

Beaucoup de créations, peu de cessions

A l’inverse des pharmaciens, la transmission de son activité n’est pas une priorité pour le professionnel libéral (seulement pour 27 % des femmes et 47 % des hommes). « Les banques ont tendance à financer davantage des créations et la constitution d’un fonds de roulement suffisant au démarrage de l’activité plutôt qu’un rachat dont le libéral ne voit pas forcément l’opportunité », révèle Philippe Meyer, responsable du marché des professions libérales à la Banque fédérale des Banques populaires. Le fait que la valorisation de la présentation de clientèle baisse (en moyenne 30 % du CA, hors cessions concernant des plateaux techniques de biologie ou de radiologie) n’incite pas au rachat.

L’installation pèche au niveau de l’accompagnement du libéral. Les démarches sont mal anticipées : 71 % des installés au cours des cinq dernières années déclarent qu’ils n’avaient pas une idée très précise des démarches à effectuer, et 68 % n’avoir reçu aucune formation spécifique, ni durant leurs études ni avant de s’installer. L’échange d’expérience entre confrères reste la meilleure source d’informations.

Un guide de l’installation

La Banque populaire a publié un guide pédagogique regroupant les principales informations destinées à aider les futurs professionnels libéraux dans leurs démarches administratives. Des fiches pratiques constituent une trame pour formuler une demande de financement auprès des banques et obtenir leur accord.