Chronique d’une mort annoncée

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Publié le 1 novembre 2008
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Avant-dernière sanction avant le coup de grâce ? La récente suspension de l’AMM d’Acomplia et son arrêt de commercialisation étaient prévisibles. Et chaque nouvel événement de pharmacovigilance rapprochait le médicament de Sanofi-Aventis de la sortie. Il aura vécu dix-neuf mois seulement, malgré sa présentation quelques années auparavant comme un blockbuster. Car rappelons qu’Acomplia fut annoncé comme la solution thérapeutique à une maladie inconnue jusqu’alors (le syndrome métabolique) ! Présumé efficace dans le traitement de l’obésité, le rimonabant fut aussi un temps testé dans le sevrage tabagique… Les effets indésirables psychiatriques de la « pilule miracle » étaient connus. Malgré tout, les autorités de santé françaises ont autorisé sa commercialisation ! Certes, en imposant un cadre de prescription et de délivrance strict et réduit, ainsi qu’un remboursement très restreint. Et heureusement. Plus prudente encore, la Food and Drug Administration avait carrément refusé le dossier Acomplia en juin 2007. A raison semble-t-il… Cette saga n’est malheureusement pas le premier exemple d’échec d’une innovation thérapeutique trop vite (?) lancée. Souhaitons qu’elle en soit le dernier, bien que certaines molécules actuelles et d’autres bientôt commercialisées soient déjà surveillées de très près.

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