Forum social européen : L’industrie diabolisée

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Publié le 22 novembre 2003
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Les débats liés à la santé ont foisonné au Forum social européen (FSE), avec comme cible privilégiée les « big pharmas », qui « font pression pour imposer la suprématie de la propriété intellectuelle sur le droit à la santé ». Et si, lors des échanges, l’accessibilité du Sud au médicament a occupé le devant de la scène avec, en pointe, les associations de malades du sida, le réquisitoire a touché l’ensemble de la politique industrielle y compris en Occident. Morceaux choisis, symptomatiques des arguments développés au FSE, comme, d’ailleurs, de plus en plus souvent dans des médias : « Ils mettent en péril les systèmes de protection sociale des pays favorisés, transforment les patients en cibles publicitaires » (collectif La santé n’est pas une marchandise) ; « Ils ont créé de nouveaux besoins y compris pour soigner la calvitie » en influençant patients et prescripteurs (association mutualiste belge) ; « La boulimie médicamenteuse des pays développés n’est plus considérée comme un progrès en soi » (FMF) ; « L’innovation est en panne depuis 30 ans, on invente des médicaments chers mais pas nouveaux » (ATTAC) ; « Le budget de recherche des firmes est deux fois moins élevé que celui de la publicité. Une association de consommateurs américains a montré que les profits des firmes pharmaceutiques était huit fois plus rentables que les autres » (SUD Santé).

« Si les malades non rentables doivent mourir, nous affirmons que la société a le droit et le devoir de créer les conditions pour la mise à disposition universelle des moyens de se soigner », affirme même un appel à pétition (« l’appel de Bobigny »). En nationalisant ? Cela ne suffirait pas pour que les molécules efficaces mais non rentables « sortent des tiroirs », selon le président de l’association Survie. Il faudra une « régulation » associant aussi patients et mutuelles, selon plusieurs intervenants. Altermondialiste Mutualité ?

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